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Conseils de lecture

La classe américaine, Le grand détournement

Le grand détournement

Allary éditions

par (Libraire)
12 juin 2020

La classe américaine

« Peter : Pourquoi tu as choisi de faire ce boulot-là, toi?

Steven : Ben si je fais journaliste c’est évidemment pour être célèbre. Moi je veux être connu. Tu sais pourquoi? Pour niquer les gonzesses. Quand tu es célèbre, tu niques plein de gonzesses. Et puis aussi tu bouffes des trucs bien meilleurs qu’ici.

Peter : Et moi, pour les gonzesses, je suis super d’accord avec toi. Mais pour la bouffe, je vois pas ce que tu veux dire. Tu aurais envie de manger quoi exactement?

Steven : Ben je sais pas, par exemple une quiche lorraine.

Peter : Une ouiche.

Steven : Quoi?

Peter : On dit une ouiche lorraine.

Steven : Tu es sûr? Ça fait bizarre, ouiche lorraine. »

Culte depuis bientôt 30 ans, La classe américaine (pour celles et ceux qui ne l’auraient pas vu) est un détournement (ce film est d’ailleurs appelé également Le grand détournement) de plusieurs films dont certaines scènes ont été coupées puis assemblées et leurs dialogues modifiés. Le tout donnant un résultat hilarant, politiquement incorrect où l’absurde côtoie les blagues douteuses dans une osmose parfaite.

Cette sortie en livre dans la collection Les grands classiques vous permettra soit de découvrir ce film, soit d’approfondir vos connaissances car l’ouvrage est truffé d’anecdotes, qui tel un profil bac, vous permettront d’aller plus loin (c’est pas cool, ça?!).

Une chose est sure : cet ouvrage est indispensable à votre bibliothèque!


Avant que j'oublie
14,00
par (Libraire)
12 juin 2020

Avant que j'oublie

« […] Les infirmières avaient fermé ses yeux, coincé son visage dans une mentonnière et habillé son corps d’une petite blouse vert pâle façon sweat-shirt. C’était triste et drôle, ça l’aurait fait rire, cette petite blouse verte qui lui cachait à peine le genou. J’ai regardé son pied violacé, la vache! Le pauvre, sa barbichette miteuse et son beau visage déserté. En gardant sa grande main qui tiédissait dans la mienne, j’ai souhaité de tout mon cœur ne jamais oublier son odeur et la douceur de sa peau sèche. Je lui ai demandé pardon de ne pas avoir vu qu’il mourait, je l’ai embrassé et puis j’ai dit à haute voix, ciao je t’aime, à plus, fais-nous signe quand tu seras arrivé. Je suis sortie dans le couloir lino-néon, une aide-soignante est passée en savatant et mon frère est arrivé. On y est retournés une dernière fois, pour vérifier. Et puis on a plié les gaules, comme il disait toujours. La vie, cette partie de pêche.[…] » Extrait, page 9

Lorsque j’ai lu le récit d’Anne Pauly lors de sa parution, il y a bientôt un an. J’ai été soufflée par sa justesse de ton, par l’équilibre fragile entre l’humour et la douleur, par sa poésie. Aussi, lorsque j’appris lundi matin qu’elle recevait le prix du Livre Inter j’ai tout de suite sauté de joie dans ma salle de bain, heureuse que ce titre discret, d’une si jolie maison d’édition, soit ainsi mis en lumière.

Bravo Anne Pauly et merci Verdier pour cette parution.


Le petit-fils
22,00
par (Libraire)
13 mars 2020

Le petit-fils

Tout a commencé lorsqu’un confrère (Jean, libraire chez Thuard) s’est emballé sur les réseaux (comme quoi, internet a aussi du bon!) pour ce titre, Le petit-fils. Alors bon, parfois je me méfie. Mais avec Jean, je sais que nous avons quelques lectures communes et que je peux, par conséquent, lui faire confiance. Bref, j’ai donc ouvert ce titre de Nickolas Butler en disant que ce serait un chouette roman mais sans savoir que j’en terminerais la lecture la gorge serrée, chose qui m’arrive assez peu, habituellement. Car, j’ai quand même ma petite armure et j’ai, par ailleurs, l’habitude des titres remuants, poignants ou sombres. Mais je vois avouer que là, ma position de libraire badass a vacillé et que je me suis retrouvée totalement désarmée face ce grand-père (car il vrai que ce roman aurait pu tout aussi s’appeler Le grand-père me disait un lecteur, l’autre jour) et son petit-fils.

Nous sommes dans le Wisconsin. Shiloh, mère célibataire est retournée vivre chez ses parents avec son fils, Isaac. L’occasion pour Lyle et Peg de nouer des liens particulièrement profond avec leur petit-fils. Mais, alors que les anciennes tensions semblaient s’apaiser, la ferveur religieuse de Shiloh commence, petit à petit, à obscurcir ce nouveau départ.

Un grand coup de cœur.

Emma-qui-n’a-même-pas-peur-de-faire-un-coeur-avec-les-mains


Revolver
23,00
par (Libraire)
13 mars 2020

A la recherche d'un polar...

« – Et vous avez quoi comme policier?

– Ben là, en fait on a pas mal de littérature américaine…

– Non, mais en enquête, quelque chose de récent.

– Euh, oui, eh bien il y a certains romans, dans nos coups de cœur américains, qu’on peut qualifier de noirs, quand même…Bon ok, je sors (et je vais lire du polar). »

Parfois, être libraire a un petit côté chercheur d’or. Heureusement que nous ne sommes pas payés à la pépite, parce qu’il y a des moments, c’est quand même pas gagné. Donc voilà, en gros on cherche, on cherche et puis, après un certain nombre de lectures, on finit par trouver.

Bienvenue à Philadelphie, ville où il ne fait pas très bon traîner en 1965. Cette année -là, deux agents de police, George et Stan, sont froidement abattus dans un bar. L’enquête piétine puis, on finit par trouver un coupable qui fait l’affaire.

Trente ans plus tard, en 1995, Jim Walczak, le fils de Stan devenu flic, tente à son tour de faire justice en confrontant l’assassin présumé de son père, qui vient d’être relâché.

2015, Audrey, la petite-fille de Stan est étudiante en…devinez-quoi? Criminologie. Eh oui, il semblerait qu’il y ait le gène de la police dans la famille. Ou c’est peut-être plutôt l’impression fâcheuse que certains ne se sont pas foulés plus que ça qui provoque des vocations..

Un bon polar, sur trois époques donc, qui nous plonge au cœur d’une ville peu accueillante mais particulièrement intéressante pour une enquête.

Foncez!
Emma

P. S : Et la traduction est de Sophie Aslanides, ce qui est tout de même un gage de qualité.


TOUS LES VIVANTS
19,00
par (Libraire)
4 février 2020

Tous les vivants

Dans un kentucky sans âge, Orren et Aloma tentent tant bien que mal de s’inventer une vie à deux. La jeune femme rêve de musique et d’un piano bien à elle sur lequel faire courir ses doigts tandis que son compagnon s’évertue à maintenir la ferme familiale debout. L’amour est là, bien sûr, mais face à une terre désolée peuplée d’absents, il n’est, parfois, que de maigre consolation.

Un magnifique portrait de femme (et d’homme!) porté par une écriture sensible et juste.

J’avais découvert C.E. Morgan l’année dernière lors de la parution du Sport des rois. Titre que je ne peux que vous recommander chaudement également et qui vient d’arrivée en folio. Bref, avec ce second roman traduit (toujours aussi brillamment), C.E. Morgan est définitivement une autrice à suivre.