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Walker

Éditions de L'Olivier

23,00
par (Libraire)
4 septembre 2020

D’abord, je tire le chapeau, que je ne porte pourtant jamais, à Josée Kamoun, la traductrice. Traduire ce livre a dû être, aussi, une épopée littéraire. Parce que je te l’écris, dans un premier temps la forme poétique m’a alerté, « ça passe ou cela se fracasse ». Et puis là… l’émerveillement, cette tonalité qui t’entraîne, admirablement orchestrée, la beauté des mots qui s’enchaînent.Voici le road-trip d’un soldat canadien revenu de l’enfer des plages normandes, pour retrousser ses manches, quelque part depuis New-York, finalement au sein d’un journal entre Los Angeles et San Francisco. Les rencontres, déterminantes.

Il y a le récit épique entrecoupé par ces phrases sorties d’un carnet de route tenu par Walker, et ses souvenirs de guerre remontant en surface, au fur et à mesure que notre personnage taille sa route. Une expérience littéraire hypnotique et passionnante, comme un sacré scénario tenue de main de maître par un… chef d’orchestre.

Ce n’est pas complexe, tu te laisses juste entraîner sur des rails, tu deviens le « clochard céleste » de Robertson, tu imagines, tu swingues, tu frissonnes, tu t’ébahi(e)s, tu regardes, tu soulignes des mots, tu écoutes leur résonance, tu t’enfonces de plus en plus dans le roman, jusqu’à la -toute- dernière -page. De 1946 à 1953, tu virevoltes entre versets et prose, tu franchis des frontières, tu t’affranchis des modèles littéraires, c’est le rythme d’un homme que les combats ont broyés, c’est le rythme d’un homme qui, au milieu des vapeurs d’alcool, fait ressurgir la vie au milieu de son désastre intérieur.

Walker est ce survivant du D-day, celui qui cherche, peut-être, une éclosion nouvelle, un héros attendu nulle part. « Les gens parlent de cette ville comme de l’endroit où faire son chemin, des rencontres, s’amuser. Mais parfois on se croirait dans un labyrinthe, où l’on joue à survivre et se perdre, de toute éternité. »

Un héros dépossédé, cela ne te rappelle rien ? « Walker » pourrait se rattacher à l’œuvre d’Homère , Robertson aime à s’y rattacher, à flanquer son personnage épique dans le bourbier du débarquement. Je n’avais encore jamais lu ce « moment » avec une telle intensité, comme une déflagration. Cette forme littéraire qui entremêle beauté et laideur du monde, c’est si… comment dire… « véritable »?

Walker m’a tatoué l’âme tu sais; il y rencontre des gens et, par le regard des autres, on sait leur religion, la couleur de leur peau, leur taux d’alcoolémie, leur bêtise, leur bonté, leur hypocrisie, mais Walker rencontre avant tout l’humanité, celle qui fait avec le Rien de notre existence, qui juge, trahit, aime, haie, perd, joue, fraternise, tape. Je n’ai pas envie de t’écrire que « Walker » te parle du côté sombre et destructeur de l’Homme parce que ce livre est largement plus que cela, il y a la flamboyance, la liberté absolue, l’aspiration vers l’ailleurs, la respiration d’une âme en clair-obscur.
Fanny

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