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Gaël M.

En solitaire, Le long du Pacific Crest trail

Le long du Pacific Crest trail

Die Gestalten Editions

24,90
par (Libraire)
8 août 2020

Coup de coeur pour ce livre de voyage!
Et quel voyage ! quand je l’ai sorti du carton j’ai comme eu un coup d’émotion et un « Wahouuu » spontané est sorti de ma bouche toute aussi ébahie que mes yeux. Parce que c’est un rêve d’adolescente, partir sur le mythique Pacific Crest Trail.
La qualité papier, texte, photographies couleur, illustrations noir et blanc, tout y est, à respirer ce bouquin comme une invitation à partir sur la route.
C’est une épopée toute personnelle, en connexion totale avec les éléments, le fait de vouloir revenir à l’essentiel avec ses p’tits pieds, que Tim Voors a de toute façon plus grands que les miens.

Fanny

Mamie Luger

Le Livre de Poche

7,90
par (Libraire)
8 août 2020

Humour et émotions!

Berthe, 102 ans, vient de lâcher du plomb sur son voisin, en plein dans le derrière! Lorsque la police arrive, Berthe fait une nouvelle fois parler la poudre! « – Madame, c’est la police. Sortez de chez vous, vous ne craignez rien. – J’vais pas m’laisser berner! J’le connais l’coup d’la police! Vous voulez m’faire sortir pour m’violer! […] Bande de détraqués! »

Une fois arrêtée, Berthe est mise en garde à vue. La confrontation commence avec le commissaire Ventura…

Ah… Elle est attachante Berthe Gavignol! Mais gare à celui qui lui chercherait des poux! Certains ne s’en sont pas relevés!

De l’émotion, de l’humour, un peu de violence et beaucoup d’amour (ou l’inverse), ce roman est une belle réussite, et Berthe Gavignol un personnage qu’on oublie pas!

Terra Ignota, 1, Trop semblable à l'éclair
par (Libraire)
1 août 2020

Si le mot n'est pas trop galvaudé, je dis CHEF-D'OEUVRE !

Un roman d'une telle ampleur il n'en paraît qu'un tous les 10 ans.
C'est exigent, érudit, foisonnant, subtile, déstabilisant... Il faut s'accrocher au début, mais pour quelle récompense!
A ranger aux côtés du cycle de Fondation d'Asimov et d’Hypérion de Dan Simmons.

J'aurais pu devenir millionnaire, j'ai choisi d'être vagabond
par (Libraire)
17 janvier 2020

John Muir, l'émerveillé

J’aurais pu être millionnaire, j’ai choisi d’être vagabond d’Alexi Jenni (éd. Paulsen) est un portrait passionnant et une excellente entrée en matière pour découvrir cet homme d’exception qu’était John Muir.

Né en 1838 en Ecosse, John Muir émigra aux Etats-Unis avec sa famille à l’âge de 11ans, dans le Wisconsin. Dans les espaces encore sauvages de cette toute jeune Amérique, émerveillé, il va consacré sa vie à la Nature. L’observation, la connaissance et surtout la préservation de cette Nature grandiose dans laquelle il ne cessera de se fondre. Les fôrets, les montagnes, les champs de fleurs, les glaciers… De la vallée du Yosemite à l’Alaska, en passant par la Floride et l’Amazonie, il s’émerveillera tout au long de sa vie devant la beauté inégalée que peuvent offrir ces paysages vierges de toute activité humaine. Il fuira autant que possible la compagnie des Hommes, lui préférant celle des écureuils, des ours et des sequoias.

Mais il écrit. Et ses essais, articles ou récits vont rencontrer un énorme succès. Cette célébrité va lui permettre de mener les premiers combats pour la protection de l’environnement.

Figure mythique aux Etats-Unis, au même titre que Thoreau, Muir est beaucoup moins connu en France. Il méritait un nouvel éclairage, et je remercie Alexi Jenni pour l’avoir fait d’une si belle manière.

» Aux Etats-Unis, c’est un héros national, c’est le protecteur de Yosemite, le sauveur des séquoias, le père fondateur de l’écologie politique, même s’il y a malentendu dans ce domaine. Et puis c’est un personnage fantasque et barbu, un vagabond magnifique, libre et plein d’humour, qui a laissé parmi les plus belles pages de nature writing, ce genre littéraire américain – hélas surtout américain-, qui ne manque pourtant pas de belles plumes. »

Comme moi, Alexi Jenni a découvert John Muir en lisant Quinze cents kilomètres à pied à travers l’Amérique; comme moi, un seul mot lui vient quand il évoque John Muir: l’émerveillement; comme moi, il aimerait que tout le monde lise John Muir.

Là où chantent les écrevisses
par (Libraire)
9 janvier 2020

Un éblouissant roman

Il y a des romans comme ça qui vous arrache des larmes et un sourire un soir, très tard, sous la pleine lune. Des histoires qui vous prennent au corps et qui vous disent que c’est pour elles que vous faites ce métier.
« Là où chantent les écrevisses » de Delia Owens, sous la traduction de Marc Amfreville, en fait indéniablement partie.

Tout commence et tout finit dans le marais, le bayou.
« Un marais n’est pas un marécage. Le marais, c’est un espace de lumière, où l’herbe pousse dans l’eau, et l’eau se déverse dans le ciel. Des ruisseaux paresseux charrie t le disque du soleil jusqu’à la mer, et des échassiers s’en envolent avec une grâce inattendue -comme s’ils n’étaient pas faits pour rejoindre les airs- dans le vacarme d’un millier d’oies des neiges. »
Voilà, Delia Owens vous prend dans sa poésie, et l’intensité de ce lieu, pour ne plus vous lâcher jusqu’à la toute dernière page.

Nous sommes en 1969 lors qu’est découvert le corps de Chase Andrews dans un marécage. Tout porte à croire à une simple chute du haut de cette vieille tour de guet. Mais l’absence totale de traces ou d’empreintes sème le doute dans l’esprit d’ Ed Jackson, le shérif de cette bourgade du Sud profond. L’ enquête démarre donc, au rythme des plats et des saveurs typiques de la Louisiane qui défilent lors des conciliabules entre Ed et son adjoint.
Parallèlement à cette histoire, une autre débute en Août 1952, au sein du marais. Une petite fille voit partir sa mère au bout du chemin. Elle essaye tant bien que mal de se dire qu’elle reviendra… un jour.

C’est ainsi que commence l’histoire de Kya, se déroulant au milieu des oiseaux, des plantes sauvages, de la violence d’un père alcoolique, des abandons, des belles rencontres, des amibes, des remarques assassines, des hérons, des crabes, des amours.

Avec un sens du rythme et de la formule, Délia Owens nous transporte fabuleusement dans son univers. J’y ai plongé mon regard et n’ai plus eu envie d’en ressortir, absorbée par ce personnage féminin fort, dense et magnifique.
Le marais devient la mère nourricière de Kya, il lui donne, la nourrit, l’inspire, la fait grandir, la confronte tandis que le monde autour observe cette « Fille des marais » méfiante et craintive qui a le goût de cette solitude immense, parfois forcée, parfois voulue.

Kya vit, palpite et Owens nous tatoue à l’esprit la beauté sombre du bayou et de son enfant. C’est cela la force d’un grand roman : ce tissage sensible entre personnages, ambiance, écriture et nous, lecteurs-trices happé(e)s.

« Là où chantent les écrevisses » (« Where the Crawdads Sing ») est un chant d’amour pour les marais de Louisiane, c’est aussi une enquête qui vous surprendra par son amplitude. Comme un éblouissant roman polymorphe.