Lundi : 14h00 - 19h00

Mardi - Samedi : 09h30 - 13h00, 14h00 - 19h00

TEPUY

Baranger Francois

Critic

20,00
par (Libraire)
3 juillet 2020

Tepuy

Après le space opera avec Dominium Mundi (Critic, 2013) et le thriller historique avec L’effet Domino (Bragelonne, 2017), François Baranger nous revient avec un thriller teinté de SF qui confirme ses talents de romancier.

Il nous embarque avec une efficacité redoutable dans la jungle vénézuélienne, au sommet d’un de ces hauts plateaux abrupts, quasi inaccessibles, que sont les tepuys. Pas franchement l’endroit idéal quand on se réveille seule, amnésique et blessée…

De l’action, du frisson, des trucs pas commodes commodes, et c’est parti pour une lecture jusqu’au bout de la nuit, en mode survie!

Gaël

La mort et autres jours de fête

Vogel, Marci

Editions DO

17,00
par (Libraire)
3 juillet 2020

La mort et autres jours de fête

J’ai pris « La mort et autres jours de fête » –« Death and Other Holidays »– de Marci Vogel, avec la traduction de Marie Chabin, un peu au hasard.
J’avais aimé cette quatrième de couverture énonçant « le récit d’une année dans la vie d’April, succession d’instantanés qui dessinent un portrait émouvant avec une lucidité sincère, tendre, joyeuse. »
J’avais juste un peu d’hésitation avec ce mot « instantanés », ces textes courts qui s’enchaînent et peuvent parfois me couper dans l’élan à l’attachement, ou me laisser en suspens comme un exercice de style qui n’en resterait qu’à l’apparence.
Et bien, JOIE, absolument pas, ce fut donc le bonheur littéraire d’une rencontre fortuite, comme je les aime.

Nous sommes sur l’année 1998-99, avec ses quatre saisons. Toutefois nous sommes en Californie, la variation est légère entre la douceur automnale et la brume estivale.
L’auteure donne son rythme dès ses premières lignes, avec ce « Clic-Clac » du premier chapitre: « (…) elle disait qu’elle avait peur de perdre la tête, la mémoire, peur d’être effacée, alors chaque jour elle photographie quelque chose. »
Ce sont des moments d’une vie marquée par la disparition du beau-père: Wilson. Une mort qui fait écho à d’autres, une mort qui enclenche une résonance sensible pour April.

C’est étonnamment doux comme lecture, peut-être parce que ces souvenirs peuvent toucher tout(e) à chacun(e). Marci Vogel fait dans le « visible », le « palpable », des scènes quotidiennes que l’on peut effleurer nous-même. C’est un parfum dont on se souvient, une vieille voiture qui garde le charme d’un non-évènement, un geste qui s’en vient pour combler le vide d’une présence, présence que l’on devine bienveillante.
C’est un peu comme une boîte aux trésors cette « Mort et autres jours de fête », on tire un mot comme « Comptoir », « Le lit de la rivière », « Récolte », puis un lien s’opère, un chemin se prend. Il y a comme du courage à vivre sa vie, à tout embrasser, à tout reconsidérer, à avancer avec les joies et les pertes.

April continue dans ce deuil, elle se souvient, retrouve ses ami(e)s, la famille, et dit l’hommage par une scène qui célèbre Wilson, mais qui célèbre surtout l’instant, le renouveau, ses faux-pas, ses interrogations, surtout ceux et celles qu’elle aime ou qu’elle a croisé un jour dans sa vie.
J’ai pleuré d’émotion en lisant le chapitre intitulé « Le diagramme des chiens », j’ai admiré la beauté fragile d’un jardin, j’ai assisté à des rencontres et vu la renaissance d’April par ces petites choses du quotidien, l’ouverture du cœur en quelque sorte.

Ce livre parle de la mort comme l’essence même de la vie; ces deux mots, « mort » et « vie », imbriqués l’un dans l’autre au sein d’un cycle qui ne s’interrompt que lorsque le souvenir n’est plus. Alors April se remémore, sans forcer, avec élégance et humanité.
C’était vraiment beau de lire ce roman qui pourrait faire penser à une suite d’haïkus ou à des plans-séquences « à la » Terrence Malick.

Cette histoire faussement fragmentée nous laisse l’espace pour approcher les personnages, leur donner forme et prendre en densité au fur et à mesure que l’on apprend à les re-connaître.

J’ai donc humé l’air californien en écumant les chapitres, j’ai suivi les vagues émotives d’April, loin de tout pathos, j’ai surfé sur les évocations sensibles des personnages, puis j’ai vu April prendre la tangente sur l’échangeur vertigineux de la vie.

Coup de ❤️ made in Life.

Fanny

La classe américaine, Le grand détournement

Le grand détournement

Allary éditions

10,00
par (Libraire)
12 juin 2020

La classe américaine

« Peter : Pourquoi tu as choisi de faire ce boulot-là, toi?

Steven : Ben si je fais journaliste c’est évidemment pour être célèbre. Moi je veux être connu. Tu sais pourquoi? Pour niquer les gonzesses. Quand tu es célèbre, tu niques plein de gonzesses. Et puis aussi tu bouffes des trucs bien meilleurs qu’ici.

Peter : Et moi, pour les gonzesses, je suis super d’accord avec toi. Mais pour la bouffe, je vois pas ce que tu veux dire. Tu aurais envie de manger quoi exactement?

Steven : Ben je sais pas, par exemple une quiche lorraine.

Peter : Une ouiche.

Steven : Quoi?

Peter : On dit une ouiche lorraine.

Steven : Tu es sûr? Ça fait bizarre, ouiche lorraine. »

Culte depuis bientôt 30 ans, La classe américaine (pour celles et ceux qui ne l’auraient pas vu) est un détournement (ce film est d’ailleurs appelé également Le grand détournement) de plusieurs films dont certaines scènes ont été coupées puis assemblées et leurs dialogues modifiés. Le tout donnant un résultat hilarant, politiquement incorrect où l’absurde côtoie les blagues douteuses dans une osmose parfaite.

Cette sortie en livre dans la collection Les grands classiques vous permettra soit de découvrir ce film, soit d’approfondir vos connaissances car l’ouvrage est truffé d’anecdotes, qui tel un profil bac, vous permettront d’aller plus loin (c’est pas cool, ça?!).

Une chose est sure : cet ouvrage est indispensable à votre bibliothèque!

Avant que j'oublie
par (Libraire)
12 juin 2020

Avant que j'oublie

« […] Les infirmières avaient fermé ses yeux, coincé son visage dans une mentonnière et habillé son corps d’une petite blouse vert pâle façon sweat-shirt. C’était triste et drôle, ça l’aurait fait rire, cette petite blouse verte qui lui cachait à peine le genou. J’ai regardé son pied violacé, la vache! Le pauvre, sa barbichette miteuse et son beau visage déserté. En gardant sa grande main qui tiédissait dans la mienne, j’ai souhaité de tout mon cœur ne jamais oublier son odeur et la douceur de sa peau sèche. Je lui ai demandé pardon de ne pas avoir vu qu’il mourait, je l’ai embrassé et puis j’ai dit à haute voix, ciao je t’aime, à plus, fais-nous signe quand tu seras arrivé. Je suis sortie dans le couloir lino-néon, une aide-soignante est passée en savatant et mon frère est arrivé. On y est retournés une dernière fois, pour vérifier. Et puis on a plié les gaules, comme il disait toujours. La vie, cette partie de pêche.[…] » Extrait, page 9

Lorsque j’ai lu le récit d’Anne Pauly lors de sa parution, il y a bientôt un an. J’ai été soufflée par sa justesse de ton, par l’équilibre fragile entre l’humour et la douleur, par sa poésie. Aussi, lorsque j’appris lundi matin qu’elle recevait le prix du Livre Inter j’ai tout de suite sauté de joie dans ma salle de bain, heureuse que ce titre discret, d’une si jolie maison d’édition, soit ainsi mis en lumière.

Bravo Anne Pauly et merci Verdier pour cette parution.

Le petit-fils
par (Libraire)
13 mars 2020

Le petit-fils

Tout a commencé lorsqu’un confrère (Jean, libraire chez Thuard) s’est emballé sur les réseaux (comme quoi, internet a aussi du bon!) pour ce titre, Le petit-fils. Alors bon, parfois je me méfie. Mais avec Jean, je sais que nous avons quelques lectures communes et que je peux, par conséquent, lui faire confiance. Bref, j’ai donc ouvert ce titre de Nickolas Butler en disant que ce serait un chouette roman mais sans savoir que j’en terminerais la lecture la gorge serrée, chose qui m’arrive assez peu, habituellement. Car, j’ai quand même ma petite armure et j’ai, par ailleurs, l’habitude des titres remuants, poignants ou sombres. Mais je vois avouer que là, ma position de libraire badass a vacillé et que je me suis retrouvée totalement désarmée face ce grand-père (car il vrai que ce roman aurait pu tout aussi s’appeler Le grand-père me disait un lecteur, l’autre jour) et son petit-fils.

Nous sommes dans le Wisconsin. Shiloh, mère célibataire est retournée vivre chez ses parents avec son fils, Isaac. L’occasion pour Lyle et Peg de nouer des liens particulièrement profond avec leur petit-fils. Mais, alors que les anciennes tensions semblaient s’apaiser, la ferveur religieuse de Shiloh commence, petit à petit, à obscurcir ce nouveau départ.

Un grand coup de cœur.

Emma-qui-n’a-même-pas-peur-de-faire-un-coeur-avec-les-mains