Lundi : 14h-19h00

Mardi - Samedi : 10h - 12h30, 14h00 - 19h00

 

Pascale B.

Lee Durkee

Flammarion

21,00
6 janvier 2022

La veuve noire

Delta du Mississippi.
70 heures de taxi par semaine génèrent beaucoup de rencontres pour Lou Bischoff qui raconte, sous forme de road-movie, la succession des passagers les plus marquants dans la Lincoln noire de 1995.
Alternant avec quelques souvenirs d’enfance, ce roman autobiographique mélange l’ombre et la lumière dans une galerie de portraits de l’État le plus pauvre des USA et marqué par le racisme.

Lee Durkee consacre son roman, avec discernement, humour et compassion, aux démunis, aux exclus, aux différents, mais surtout à la précarité de nombreux américains.

Touchant et éloquent.

19,00
30 décembre 2021

Vauriens au paradis

Deux enfants Kalya et Sans-Nom (Hugo), blessés par un monde hostile, traversent deux lieux et deux époques (années 30 à 80), remorquant leur passé, au gré de leurs rencontres… Les liens très forts qui les unissent dans leur paradis espiègle est menacé….

De l’enfance à l’âge adulte, les personnages complexes de Wendall Utroi captent l’attention du lecteur. L’alternance temporelle de ces destins croisés, rythmée par de courts chapitres, gravite jusqu’à une fin très riche et romanesque.

L’écriture dynamique et indulgente de l’auteur adoucit la noirceur du récit.

30 décembre 2021

Injustice contre barricade

Paris en 2020.
Jonas, infirmier à domicile, traverse un cataclysme, le pays étant décomposé par la crise écologique. Son action est de plus en plus réduite à accompagner des patients condamnés par la maladie, la misère, la violence des autorités, la chaleur…
Un dilemme s’impose à lui : fuir le désordre parisien vers le Nord de l’Europe ou accompagner la femme qu’il aime dans son implication révolutionnaire, « Absolum », pour sauver la Terre.

La perception de J.F Hardy est plutôt alarmiste, alertant le lecteur sur un avenir sombre et attendant de lui qu’il se pose les bonnes questions et prenne les bonnes décisions. Il libère la parole des femmes en dessinant des personnages féminins forts et ambitieux prêts à la riposte.
Son style alerte et direct gifle et préoccupe.
Incisif, réaliste, glaçant.

"Partir ou rester, collaborer ou se battre, aimer et mourir peut-être".

27 décembre 2021

Nouvelle Eglise

Nigéria 1996-2015.

Les jumelles Bibike et Ariyike et leurs frères Andrew et Peter sont brutalement détournées de l’insouciance de l’enfance par la fuite de leurs parents précipités dans la pauvreté.
Ils sont accueillis par leur grand-mère. Les soeurs doivent faire preuve d’imagination pour gagner leur vie et accepter l’ébauche d’une distance entre jumelles.

Le récit familial alterne les voix des quatre enfants qui, malgré leur rancœur, gardent entrain et détermination.

Tableau sombre, féministe et anti-chrétien du peuple nigérien, dénonçant l’hypocrisie et la corruption de la religion, la violence réservée aux femmes dans un monde patriarcal où Dieu reste un homme !

Le mérite de Tola Rotimi Abraham est de nous faire pénétrer dans le quotidien de ces enfants de manière addictive, grande qualité de ce premier roman clairvoyant et engagé.

« Je ne croyais plus à l’amour, aux honnêtes hommes et à la justice »
« Ça restera pour moi le pays qui m’a volé ma mère e m’a renvoyé une étrangère à la place »

27 décembre 2021

Enfants du vent dévorés

Début XXe siècle.
Le jeune Anton Torvath, « fils du vent », grandit heureux dans un cirque tzigane où il devient un talentueux dresseur de chevaux. Mais cette famille nomade traversant les pays au gré du vent est disloquée par l’occupation allemande et Anton doit fuir les « blattes » pour sauver sa vie.
Anton, seul survivant, raconte le ghetto, les camps, la longue marche de la mort, les agonies. Il est la mémoire des morts tombés sous la folie nazie, défunts qu’il compte inlassablement. Sa survie s’appuie d’une part sur des rencontres bienveillantes l’initiant à la musique et à la médecine, d’autre part sur les retrouvailles avec ses chevaux.

Alain Mascaro nous livre un récit intime touchant décrivant minutieusement les mœurs et coutumes d’un peuple imprégné de traditions ancestrales ; et le désordre provoqué par le nazisme
Son écriture poétique apporte de la lumière à l’horreur ; le son du violon réfute la violence du nazisme, la sagesse tzigane contraste avec les actes génocides.

Jolie prouesse pour un premier roman initiatique maîtrisé jonglant avec poésie, brutalité et savoir.
Bel hommage, belle chevauchée !