Lundi : 14h-19h00

Mardi - Samedi : 10h - 12h30, 14h00 - 19h00

 

Magali B.

Simone Mota

Six Citrons

18,00
par (Libraire)
2 avril 2022

🐟 Poisson d'avril ! 🐟

🍋 L'histoire commence au Brésil. Enfin, pour nous elle commence à La Géosphère, en déballant un carton de Six Citrons Acides. Eh oui, vos libraires se sont dit que la vitamine C, c'était tout aussi bon pour la santé que les livres, alors elles reçoivent aussi des agrumes, maintenant ! Le problème, pour tout vous avouer, c'est la mise en rayon et les paquets-cadeaux, parce que la forme citronoïdale, comment vous dire...
🐟 OK, OK, vous n'y avez pas cru un instant, à nos fariboles, et effectivement, c'était bel et bien un poisson d'avril 😄 N'empêche que cette histoire de citrons acides, ça vient bien de quelque part. C'est tout bonnement le nom de la super-chouette maison d'édition qui publie "Pêcheur d'avril", album jeunesse plein d'entrain en bleu, noir et beige, traduit du portugais du Brésil.
🐟 L'histoire commence donc bel et bien au Brésil, et plus précisément sur une plage. Un pêcheur facétieux raconte à un garçon curieux d'où vient cette étonnante et rigolote tradition du poisson d'avril. Mais entre un roi ventripotent écolo avant l'heure, une reine contemplative et un brin océanographe, et un Charles IX perturbateur de calendrier, les histoires se disent pour mieux se contredire, et chacun·e choisira celle qui lui plaira le mieux ! Car comme l'écrit l'autrice, "Les histoires sont ainsi faites. Pendant qu'on les raconte, elles s'entremêlent. On commence à en raconter une, on s'y perd, puis on s'y retrouve, et alors on en découvre une autre, sans même s'en apercevoir."

20,00
par (Libraire)
25 mars 2022

Pour la défense de la culture himba

🇳🇦 Nous connaissions de longue date le travail de Solenn Bardet, géographe française qui, à la suite des heureux hasards de ses voyages, a vécu quatre années au sein d'une famille himba, peuple semi-nomade du Kaokoland, au Nord-Ouest de la Namibie. Remarquable passeuse entre les cultures, Solenn Bardet avait témoigné de son immersion dans sa famille adoptive, tant dans son récit "Pieds nus sur la terre rouge" que dans "Rouge Himba", une BD documentaire réalisée avec le non moins remarquable illustrateur-voyageur Simon Hureau. Alors forcément, le premier roman de cette ethnographe d'exception ne pouvait que piquer notre curiosité !
🇳🇦 "Les Veilleuses" donne la parole à Tulipamwe, jeune femme tiraillée entre un père français et une mère himba. À travers l'histoire que l'autrice lui imagine, on se retrouve plongé·e·s dans un monde où les huttes circulaires suffisent à s'abriter et vivre, où les femmes s'enduisent le corps de terre rouge, où jamais ne s'éteint le feu sacré, lien permanent entre les vivants et les morts. Un monde, aussi, qui subit les pressions de la vie occidentalisée et de la course au profit, et qui peine à conserver non seulement son mode de vie, mais aussi son espace de vie. Tulipamwe, ainsi, s'engage dans une lutte pour préserver sa culture ancestrale et empêcher la construction d'un barrage qui viendrait inonder la vallée dans laquelle elle a grandi.
🇳🇦 Entrée dans le monde adulte, combat de David contre Goliath, poids d'une Histoire sombre et douloureuse, choc culturel entre l'Afrique et l'Europe, puissance des femmes quand elles unissent leurs forces... Ce roman foisonne de tout cela, avec le ton juste de celle qui sait de quoi elle parle. Un livre passionnant !

Mylène Mouton

Le Rouergue

14,50
par (Libraire)
11 mars 2022

Sensations fortes et dépaysement !

🦍 Au fin fond du Dolpang, petit territoire (fictif !) aux confins du Dolpo et du Mustang, les humains et les migoïs – abominables gorilles des montagnes – ne se côtoient jamais, sous peine de voir couler le sang des uns et des autres. Et pourtant, c'est bien pour traquer Chanah, une migoï gigantesque, que le jeune Tao va se risquer au-delà de la rivière. Malgré les dangers encourus et la peur qui le tenaille, cet apprenti moine-danseur s'est mis en tête de sauver une jeune fille des griffes de Chanah, qui l'a enlevée. Et pas n'importe quelle jeune fille : il s'agit tout de même de la Kumari, qui représente l'incarnation vivante et inapprochable de la déesse Kali !
🦍 Nous lecteurs·trices pressentons que l'immense migoï n'a pas un mauvais fond, car certaines pages dévoilent ce qui se passe dans sa grosse tête de primate sauvage. S'il est parfois difficile d'aller au-delà des apparences, les faits prouvent que cela en vaut souvent la peine...
🦍 Tour à tour aux côtés de l'audacieux Tao, de l'inébranlable Kumari et de la déroutante Chanah, nous sommes happé·e·s dans une aventure de haut vol, sur les pentes d'un Himalaya majestueux et sans concession. À mettre entre les mains des 12-14 ans amateurs de sensations fortes... et de dépaysement !

par (Libraire)
18 février 2022

Messieurs, que diriez-vous de porter un soutien-verge ?

Oui, vous avez bien lu ! Un soutien-verge ! C'est l'accessoire oppressif par excellence dont les masculinistes d'Égalie rêvent de se débarrasser. Car Égalie, c'est le pays où les femmes sont dominantes et ce, depuis la nuit des temps. Ainsi, ce sont elles qui deviennent marines-pêcheuses, pendant que leurs époux éplorés scrutent l'horizon en espérant voir leurs navires de retour. Ce sont aussi elles qui occupent les postes à responsabilité, tandis que leurs conjoints assurent l'éducation des enfants et prennent le temps de friser leur barbe à coups de bigoudis en fredonnant "la célèbre ballade du jeune vierge Raipuce à la longue longue barbe" (enfermé dans une haute tour, vous savez ?) Et ce sont les femmes, encore elles, qui dominent les ébats sous la couette, décident si leur homme doit ou non prendre la pilule et, quand leur désir sexuel est trop fort, ce sont elles, évidemment, qui violent les pauvres victimes masculines sans défense.
✊ On rirait à gorge déployée si l'on n'y voyait pas, en miroir, un reflet étonnamment fidèle des dérives #sexistes que nous connaissons tou·te·s. Le tour de force de Gerd Brantenberg, c'est d'avoir poussé l'inventivité jusqu'à traquer dans la langue tous ces acquis dans lesquels "le masculin l'emporte". Ainsi, en Égalie, quand le soleil brille, "elle fait beau" et quand "les gentes" jurent, elles s'exclament "qu'est-ce que j'en ai à cypriner ?!" Rien que pour ça, on aimerait apprendre le norvégien, pour pouvoir lire ce roman jubilatoire en version originale. Et dire qu'il aura fallu attendre... 45 ans pour pouvoir le lire en français !

21,00
par (Libraire)
29 janvier 2022

Une héroïne inoubliable !

🌳 Au fin fond du Grand Nord canadien, Fille-Rousse s'interroge : qui est-elle ? Une Yeux-Rouges ou une Longues-Tresses ? Féminine ou masculine ? Marquée par les rites de passage et le rythme des paysages, elle cherchera de toutes ses forces des réponses qui, complexes, ne peuvent être tranchées d'un seul coup.
🌳 Voilà un premier roman très fort, d'une grande maîtrise littéraire. Guillaume Aubin entrelace avec une habileté bluffante les problématiques de l'identité culturelle et celles du questionnement de genre. Il a séjourné dans ces régions, certes, et il s'est documenté avec passion sur les peuples autochtones. Et pourtant, malgré ses indéniables accents de véracité, "L'Arbre de colère" est une fiction pure, qui met en scène des tribus imaginaires.
🌳 J'ai été fascinée, immédiatement happée dans cette vie de plein air où la rudesse des éléments est accentuée par les tensions entre les peuples. Suivez Fille-Rousse dans son parcours initiatique : vous ne l'oublierez jamais !