Lundi : 14h-19h00

Mardi - Samedi : 10h - 12h30, 14h00 - 19h00

 

Magali B.

Eva DÉZULIER

Elyzad

20,50
par (Libraire)
24 juin 2022

Amour inconditionnel et grand bonheur (de lecture !)

Pile à cheval sur la frontière entre la France et l'Espagne, le hameau de Machado vit au rythme minuscule de ses habitants : un propriétaire irascible, un berger à l'âme simple, quatre vieilles excentriques, une coquette pleine d'angoisses et de manies. La nuit, furtivement, passent les silhouettes des clandestins espagnols qui fuient le franquisme. Mais d'Histoire et de politique il n'est nullement question dans ce
roman ciselé comme un bijou. Ici, c'est d'abord et avant tout d' amour dont il est question - sans que cela ne soit une "histoire d'amour", à proprement parler.
🌙 Tout commence avec l'arrestation d'un clandestin espagnol qui en secret se confie au berger Machado les plans d'une étonnante machine à aimer. Celle-ci devra être construite puis apportée au fils du clandestin, afin de lui assurer de ne jamais manquer d'amour, même en l'absence d'un père. Ce que l'inventeur n'avait pas anticipé, c'est le chaos que la machine fabuleuse provoquerait une fois fabriquée (et quelles pages d'anthologie que celles qui racontent le montage de cette mécanique magnifique !). Car tout le monde n'est peut-être pas prêt à recevoir un amour dispensé de manière aussi universelle et inconditionnelle...
🌙 D'une originalité folle, d'une poésie infinie, le roman d'Eva Dézulier nous fait le cadeau d'une galerie de personnages tantôt attachants, tantôt inquiétants dont les actes ne cessent de nous surprendre et d'illustrer des questions d'une profondeur quasi-métaphysique. Rien n'est prévisible jusqu'à la dernière page. Et c'est un vrai bonheur !

David Wautier

Diplodocus

13,90
par (Libraire)
10 juin 2022

Une déclaration d'amour à la montagne, tout en douceur

🏔 Des enfants qui rêvent de voir la mer, on en a raconté, on en a rencontré. Mais des enfants obnubilés par la montagne, les livres n'en montrent pas tant que ça : "C'est des rochers géants qui touchent le ciel !" Rien que pour ça, la petite Jana nous touche en plein cœur. On craque aussi pour sa bouille au sourire énorme, qui lui donne des airs de Meï (vous savez, la petite sœur dans Totoro, le dessin animé de Myazaki ?) Plus encore qu'avec ses parents, très discrets dans l'album, c'est avec sa chienne Billie que Jana partage son enthousiasme, livre d'images à l'appui. Et peu à peu monte l'impatience : quand la montagne pointera-t-elle enfin le bout de ses sommets ?
🏔 Car comme Zazie dans son métro parisien version Raymond Queneau, Jana joue de malchance. D'abord, il faut subir les bouchons pour quitter la ville et aller jusqu'à la montagne. Ensuite, Jana sera mal placée à l'arrière de la voiture pour distinguer, derrière les camions de l'autoroute, la ligne d'horizon toute crénelée. Et bien sûr, à l'arrivée, qui les accueille ? Le brouillard, bien entendu ! Au fil des pages, l'impatience communicative de Jana monte aussi en nous... jusqu'à la chute !
🏔 Cet album tout en tendresse laisse la part belle aux splendides aquarelles de David Wautier. Visages, architectures, paysages, nuages, intérieurs : chaque planche ouvre sur un nouvel environnement, très joliment croqué. Et pour mettre en mots cette histoire, l'auteur-illustrateur a su choisir quelques phrases toutes simples, très justes. De quoi éveiller des vocations de randonneurs·euses, dès l'âge de 3 ans !

par (Libraire)
27 mai 2022

Que feriez-vous, si vous découvriez un homonyme qui a fait les mêmes voyages que vous... il y a deux siècles ?!

🧑🧓 Ébahi, Guillaume Jan, né en 1973, découvre l'existence d'un certain Guillaume Jean, qui a vécu de 1824 à 1871. L'homonymie serait anecdotique si elle ne se doublait pas de coïncidences qui, comme toute coïncidence qui se respecte, s'avèrent délicieusement troublantes : même passion pour les Balkans, même appétence pour la cartographie, même insatiable bougeotte, même discrétion dans les milieux mondains. Bref, on aurait envie de dire que la pomme n'est pas tombée loin de l'arbre, ou que bon sang ne saurait mentir, ou encore que les chiens ne font pas des chats...
🧑🧓 Sauf que, sauf que : aussi loin qu'il ait pu remonter dans son arbre généalogique, Guillaume Jan (junior) n'a trouvé aucun lien familial avec Guillaume Jean (senior). Pas le moindre petit brin de cousinage ! En ayant placé sans le savoir ses pas dans ceux de son non-aïeul, Guillaume Jan ne pouvait que lui rendre hommage, avec un livre alerte et très plaisant à lire.

par (Libraire)
6 mai 2022

Un tourbillon d'optimisme et une bouffée de solidarité !

✨ Du haut de ses 11 ans, Mia n'a pas une vie comme tout le monde : elle habite dans le motel tenu par ses parents, en Californie ! Et même plus que ça : elle les remplace à la réception quand ils sont trop occupés aux travaux de rangement, nettoyage, réparation que nécessitent les chambres au quotidien. Évidemment, il se passe chaque jour une foule de péripéties, entre les locataires au mois et les voyageurs de passage, tandis que Mia essaie tant bien que mal de s'intégrer à son nouveau collège.
✨ En tant qu'immigrés chinois sans papiers, les parents sont à peine payés par un horrible gérant, qui s'enrichit sur leur dos, sans scrupules et en toute impunité. Révoltée par cette injustice, Mia se met en tête de... gagner un motel à un concours d'écriture ! Car travailler à leur propre compte permettra à ses parents de s'en sortir, elle en est certaine.
✨ Formidable tourbillon de vie et d'énergie, "Motel Calivista" aborde avec réalisme les questions de racisme et de précarité, dans un contexte où le rêve américain peut si vite tomber en miettes. Malgré ces thèmes graves, c'est un souvenir de sourire immense qui reste à l'issue de la lecture. Peut-être, tout simplement, parce que l'autrice évoque en grande partie des souvenirs de sa propre enfance ; une enfance heureuse malgré tout, qui a façonné une adulte joyeuse et battante. Quelle belle histoire ! Dès 10 ans

Une histoire afghane

Solène Chalvon-Fioriti

Flammarion

19,00
par (Libraire)
7 avril 2022

Un coup de poing au plexus

💔 Certains livres vous font l'effet d'un coup de poing au plexus. Le genre de texte qui vous laisse sans voix, les bras ballants. Dans "La femme qui s'est éveillée", la scène d'ouverture – rude, très rude – y est pour beaucoup : dans les toilettes de l'université de Kaboul, un avortement est en train de mal tourner. Le hasard a voulu que Solène Chalvon-Fioriti, jeune journaliste française, se trouve sur place au même moment. C'est ce jour-là qu'elle se lie d'amitié avec Layle, jeune Afghane au regard sévère dont le courage hors norme, très vite, l'impressionne. Car il faut en avoir, du courage, pour gérer un réseau clandestin de distribution de pilules abortives, dans un pays où l'avortement n'est autorisé que dans de rarissimes cas, jamais sans l'accord du chef de famille.
💔 Ce qui fait la force de "La femme qui s'est éveillée", c'est que ce livre va bien au-delà du témoignage journalistique. Solène Chalvon-Fioriti y brosse le portrait bouleversant de Layle, une personnalité extraordinaire qui aurait pu trouver sa place dans une société plus ouverte, moins suspicieuse vis-à-vis des femmes libres. Elle questionne aussi le métier de grand reporter, qu'elle pratique avec une conviction contagieuse malgré les embûches et les dérives auxquelles elle est confrontée au quotidien. Et elle offre une magnifique déclaration d'amour à l'Afghanistan, pays qui, malgré la sauvagerie de certaines pratiques, malgré les atrocités d'une guerre sans fin, malgré le désespoir qui pousse tant de réfugiés sur les routes, continue de composer des landays, poèmes d'amour et de résistance aussi courts que saisissants : "Donne-moi la main mon aimé et partons dans les champs / Pour nous aimer ou tomber ensemble sous les coups de couteau".