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Annesophie B.

https://www.instagram.com/annesophiebooks/?hl=fr

chroniqueuse littéraire à temps complet.

L'année du gel
19,90
29 janvier 2020

Une excellente découverte.

Parmi les grands plaisirs que la lecture apporte, il en est un dont je ne me lasserai jamais : la découverte de nouveaux auteurs talentueux qui parviennent à nous transporter dès leur premier roman.

Personnellement ma première belle révélation de cette année a été la plume d’Agathe Portail avec son nouveau et premier titre : L’Année du Gel.

Léonie, Corentin, Vincent, Clara, Pierre, Juliette et Olivia forment un groupe d’amis et ont pour habitude de se retrouver au moins une fois par an pour quelques jours.
Cette année les retrouvailles ont lieu à Haut-Meac, domaine viticole bordelais, appartenant à la famille Mazet, chez qui ils louent leurs chambres d’hôtes.

Mais lorsque le 4ème jour un corps est retrouvé dans la chambre froide du château, le major Géraud Dambérailh va vite comprendre que bien des secrets et des rancunes se cachent derrière les sourires de façade du petit groupe, mais également derrière ceux des propriétaires de Haut-Meac...

Un château, une abbaye, un groupe d’amis pas si amicaux, des propriétaires un peu trop empressés, et un meurtre à résoudre, voilà donc le postulat de départ de ce polar tout en finesse.

L’auteure nous régale de ses personnages parfaitement humanisés, à la langue bien pendue et aux secrets très noirs.

Réflexion et humour se serrent les coudes dans cette intrigue à la Agatha Christie, et le lecteur savoure autant l’un que l’autre, chapitre après chapitre.

Est-ce lui, où elle, ou bien l’autre qui a commis ce meurtre ?
Vous vous poserez cette question bien des fois pendant votre lecture, sans parvenir à vous décider.
Et quand bien même vous finiriez par avoir des certitudes, il y a toutes les chances du monde que le fin mot de l’histoire vous laisse sans voix.

L’Année Du Gel est un roman policier simple dans son approche et intelligent dans son développement.
La finesse des dialogues et la beauté des décors finissent d’accrocher le lecteur jusqu’à la toute fin.

Avec une mention spéciale pour Daphné, la tante de Géraud, aussi classique qu’excentrique.

Le genre de polar que l’on regrette de finir, que l’on espère retrouver très vite, et que l’on s’empresse de recommander autour de soi.

À consommer d’urgence et sans modération !!

Victime 55

HarperCollins

20,00
23 janvier 2020

Un premier roman prometteur !

Chandler est sergent dans la petite ville de Wilbrook, perdue au milieu du désert australien. Pourtant, dans ce coin reculé, ce flic qui aime autant sa ville que son métier va être confronté à une enquête particulièrement tordue.

Gabriel, venu dans la région à la recherche d’un travail saisonnier, arrive un matin au poste de Police, en sang et totalement affolé : il vient juste de parvenir à échapper à un dénommé Heath, qui l’aurait drogué et enchaîné dans une cabane, et qui allait le tuer après lui avoir dit qu’il serait « le 55ème ».

Et l’affaire prend une tournure particulièrement délicate quand un certain Heath arrive à son tour et raconte exactement la même histoire. Sauf que lui dit que son tortionnaire s’appelle Gabriel.

Deux victimes, deux récits strictement identiques.

Alors, lequel des deux ment ? Et qui peuvent être les 54 premières victimes ?

Pour trouver la réponse à cette question, Chandler va se retrouver obligé de retravailler avec son ancien collègue et meilleur ami, Mitch, même si les deux hommes se détestent et ne se sont plus revus depuis près de dix ans.

Avec une histoire bien installée dès les premières pages, James Delargy nous offre une intrigue originale et très visuelle.

Les romans se déroulant en Australie ont souvent une saveur particulière. Les bons, en tout cas.

Et ici, pas de doute, cette fameuse saveur est bien là. On ressent la chaleur insupportable de la région, la sécheresse intense des paysages, le danger de ces grandes étendues désertiques et de ces vastes forêts... La poussière rouge semble sortir des pages, transpirer des lignes, bref l’immersion dans les alentours de Wilbrook est totale.

Les personnages sont à l’image de la nature qui les entoure, durs, secrets, rugueux, s’embrasant facilement, mais pouvant cacher des recoins fascinants.

On retrouve un peu du style de Jane Harper dans l’écriture dans ce polar dont l’auteur peut être plus que fier pour un premier roman 100% australien.

Questionnements, enquête et action sont bien au rendez-vous.

Un thriller qui se lit facilement et qui réserve quelques grosses surprises auxquelles on ne s’attend pas, et ce jusqu’à la toute fin.

À découvrir.

Cinq cartes brûlées
19,90
18 janvier 2020

Un roman noir très subtil.

Avec son nouveau roman et sa plume toujours aussi efficace, Sophie Loubière nous emmène une fois de plus dans les méandres les plus sombres de l’esprit humain.

On vient tous au monde avec avec un jeu de cartes imposé.
Si ce que l’on en fait ne dépend, en principe, que de nous, avoir de bonnes ou de mauvaises cartes dès le départ a forcément une incidence sur la partie que l’on jouera durant notre existence.

Le jour où Laurence vient au monde, on ne peut pas dire que les cartes qui lui sont distribuées sont particulièrement favorables, avec un frère qui la déteste et s’est juré de faire de sa vie un enfer et des parents plus tournés vers leurs propres problèmes que vers ceux de leurs enfants.

Grandir au sein de cette famille complètement dysfonctionnelle est une vraie gageure, et malgré son esprit vif et son imagination débordante, l’enfance de Laurence est une bataille dont elle ne sort pas souvent gagnante.

Alors, pour compenser, Laurence mange.

Elle se nourrit de tout, pour essayer de combler le manque de l’essentiel.
Elle prend du poids, comme pour essayer de peser dans la balance des décisions qu’elle subit plus souvent qu’à son tour.
Fournissant de nouvelles armes à celui qui la hait déjà tant.

Alors pour digérer les insultes et les coups bas, Laurence mange.
Et parce que Laurence mange, les méchancetés pleuvent.

Mais Laurence tient bon, et elle obtient même certaines victoires là où elle s’y attendait le moins.

Mais la partie ne fait que commencer, et la vie et son jeu de dupes lui réservent encore bien des embûches.

Avec un style toujours aussi direct, Sophie Loubière nous plonge dans l’existence de cette âme tourmentée et malmenée.
Sans fioritures et avec une justesse parfaite, elle nous dresse le tableau, glacial, d’une société où le paraître continue à s’imposer en maître absolu.

Une galerie de personnages taillés au scalpel, à la psychologie travaillée au bistouri.

Un constat sociétal sur l’apparence, toutes les apparences, surtout les plus trompeuses, qui laisse le lecteur sonné.

Ce roman noir, dur, et à la résonance terriblement actuelle, se lit d’une traite, presque en apnée.
Et laisse des marques. Beaucoup, et pour longtemps.

À lire absolument.

Cinq cartes brûlées
19,90
18 janvier 2020

Un roman noir très subtil.

Avec son nouveau roman et sa plume toujours aussi efficace, Sophie Loubière nous emmène une fois de plus dans les méandres les plus sombres de l’esprit humain.

On vient tous au monde avec avec un jeu de cartes imposé.
Si ce que l’on en fait ne dépend, en principe, que de nous, avoir de bonnes ou de mauvaises cartes dès le départ a forcément une incidence sur la partie que l’on jouera durant notre existence.

Le jour où Laurence vient au monde, on ne peut pas dire que les cartes qui lui sont distribuées sont particulièrement favorables, avec un frère qui la déteste et s’est juré de faire de sa vie un enfer et des parents plus tournés vers leurs propres problèmes que vers ceux de leurs enfants.

Grandir au sein de cette famille complètement dysfonctionnelle est une vraie gageure, et malgré son esprit vif et son imagination débordante, l’enfance de Laurence est une bataille dont elle ne sort pas souvent gagnante.

Alors, pour compenser, Laurence mange.

Elle se nourrit de tout, pour essayer de combler le manque de l’essentiel.
Elle prend du poids, comme pour essayer de peser dans la balance des décisions qu’elle subit plus souvent qu’à son tour.
Fournissant de nouvelles armes à celui qui la hait déjà tant.

Alors pour digérer les insultes et les coups bas, Laurence mange.
Et parce que Laurence mange, les méchancetés pleuvent.

Mais Laurence tient bon, et elle obtient même certaines victoires là où elle s’y attendait le moins.

Mais la partie ne fait que commencer, et la vie et son jeu de dupes lui réservent encore bien des embûches.

Avec un style toujours aussi direct, Sophie Loubière nous plonge dans l’existence de cette âme tourmentée et malmenée.
Sans fioritures et avec une justesse parfaite, elle nous dresse le tableau, glacial, d’une société où le paraître continue à s’imposer en maître absolu.

Une galerie de personnages taillés au scalpel, à la psychologie travaillée au bistouri.

Un constat sociétal sur l’apparence, toutes les apparences, surtout les plus trompeuses, qui laisse le lecteur sonné.

Ce roman noir, dur, et à la résonance terriblement actuelle, se lit d’une traite, presque en apnée.
Et laisse des marques. Beaucoup, et pour longtemps.

À lire absolument.

Celle qui pleurait sous l'eau
8 janvier 2020

Aussi bon que les précédents.

Comme l’année dernière, la rentrée d’hiver s’ouvre avec la parution du nouveau titre de Niko Tackian : Celle Qui Pleurait Sous L’Eau.

Et comme l’année précédente, les fans de romans policiers ont de quoi s’en réjouir.
Dans ce nouveau roman, nous retrouvons pour la troisième fois le Commandant Tomar Khan.
Après Toxique et Fantazmë, nous replongeons (sans mauvais jeu de mots) donc au milieu de l’équipe de Tomar pour une nouvelle enquête.

Le corps de Clara est découvert un matin au beau milieu d’une piscine publique, et, à première vue, le suicide ne fait aucun doute.
Si Tomar est prêt à classer l’affaire, Rhonda elle est persuadée que cette mort n’est pas aussi simple qu’il n’y parait.
Alors pendant que le commandant Khan tentera de se sortir d’une sale affaire dont il ne garde pas de souvenirs, c’est elle qui va prendre les choses en main pour aller au bout de cette enquête et de son intuition.

Comme d’habitude avec cet auteur l’histoire démarre vite et fort. Les chapitres s’enchaînent rapidement tant le lecteur devient vorace à vouloir connaître le fin mot de ces deux enquêtes.

Les des grands points forts de Niko Tackian est sa capacité à créer chez nous une empathie très forte envers ses personnages, et ce nouveau titre échappe encore moins à cette règle que les précédents.
C’est dire à quel point cela fonctionne parfaitement.

Une autre des qualités de l’auteur c’est sa spécificité à nous offrir des histoires très cinématographiques, où chaque chapitre équivaudrait à une séquence (sûrement aidé en cela par sa casquette de scénariste).
Une technique qui opère complètement et qui rend ce polar absolument addictif.

On lui pardonnerait presque de nous offrir que 240 de lecture. Surtout qu’il parvient parfaitement à tout boucler avant le point final.

Si je dis « presque » c’est uniquement parce que qu’une fois la dernière page tournée, on se retrouve à attendre avec impatience son prochain roman, que l’on prendrait pourtant plaisir à enchaîner tout de suite après tant son style est efficace.

Je ne peux donc que vous conseiller fortement de lire ce roman.
Pour les messages importants qu’il véhicule, déjà.
Et pour le plaisir de retrouver cette plume, bien évidemment !