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Annesophie B.

https://www.instagram.com/annesophiebooks/?hl=fr

chroniqueuse littéraire à temps complet.

Tombent les anges, Roman
19,50
6 mars 2020

Un régal !

J’en avais eu le pressentiment, dès les premiers chapitres, mais avant de crier au coup de cœur, je préférais terminer ma lecture. Histoire de ne pas avoir une mauvaise surprise qui aurait fait retomber mon enthousiasme.

Des surprises, pourtant, il y en a pléthore dans ce thriller, mais aucune de mauvaise.

Cécile est une jeune flic qui se découvre un talent pour le moins terrifiant : elle ressent, physiquement, les sensations des victimes.

Déjà dotée d’un tempérament borderline et d’une émotivité presque handicapante, elle se retrouve, suite à la découverte de cette capacité, à enquêter sur une affaire où elle devra affronter le Mal à l’état pur, mais également ses propres démons.

336 pages littéralement dévorées en une journée. Tout simplement impossible à lâcher.

Pourtant, même si ce roman m’attirait beaucoup, je ne pensais pourtant pas autant adhérer à cette intrigue avant de le commencer.
En cause ? Ma personnalité profondément cartésienne.
Je suis du genre à penser que chaque chose a une explication, et que si ce n’est pas le cas, alors ça veut dire que cette chose n’existe tout simplement pas.

Alors comment Tombent Les Anges a-t-il pu à ce point m’embarquer ?
Grâce aux personnages dans un premier temps. L’auteure nous en offre un bel éventail, allant du plus monstrueux au plus abîmé.

Elle ne les pose pas simplement là en attendant que l’on s’attache (ou non) à eux.

Non, la simplicité de sa plume leur offre le chemin pour s’imposer à nous, qu’on le veuille ou non.

Et ça, déjà, ce n’est pas donné à tous les écrivains.

L’histoire et le rythme ensuite.
Aucun relâchement. Aucun sas de décompression.

Dès les premières pages ont se retrouve coincé dans cette histoire, avec comme seule issue d’avancer le plus vite possible pour connaître la fin.

Attention, je ne dis pas que ce thriller est parfait. Vous rencontrerez même quelques petites maladresses ici ou là.
Mais pour une fois je crois que c’est justement ce qui m’a fait l’aimer autant : le style authentique, brut, sans fioritures, que Marlène Charine nous propose.

Une histoire et un style qui touchent et qui marquent. Immédiatement et durablement.

Un réel coup de cœur.

Un roman et une auteure à découvrir sans hésiter !

Juste derrière moi
22,90
1 mars 2020

Addictif !

J’attends chaque année impatiemment le nouveau Lisa Gardner.

Tous ne sont pas forcément des coups de cœur, même s’ils sont tous très bons.
Cela dépend de l’intrigue qu’elle décide de mettre en place, des personnages dont elle se sert, du ressort psychologique de l’histoire et de ses protagonistes, et, bien entendu, de mon propre état d’esprit au moment de la lecture.

Et il semblerait que cette année toutes ces conditions aient été parfaitement remplies puisque j’ai tout simplement adoré Juste Derrière Moi.

Telly et Sharlah ont 9 et 4 ans lorsque Telly tue son père en voulant protéger sa petite sœur.
Suite à cela, les services sociaux ont décidé de séparer les enfants sans leur donner la possibilité de rester en contact.
Huit ans plus tard, deux personnes sont assassinées.
Et tout porte à croire que le coupable est Telly.
Mais il semblerait qu’il tente également de reprendre contact avec sa sœur.
Pourquoi a-t-il tué ces innocents ? Et quel sort réserve t-il à Sharlah ?

Dès le prologue, Lisa Gardner ferre le lecteur de la meilleure des façons : une scène choc qui nous place directement au cœur de l’action, remplie de suffisamment de mystères pour que l’on veuille, dès ces premières pages, connaître toutes les réponses.

Et le restant de ce thriller est à l’avenant.

Le rythme ne retombe à aucun moment.
Que nous nous trouvions avec Telly, qui tente de fuir, ou auprès des équipes de recherche qui comptent m’en empêcher (et dont les parents adoptifs de Sharlah font partie), l’attention du lecteur est constamment maintenue sans jamais le lasser.

L’alternance passé/présent est finement adaptée au récit, et ne lui donne donc ni longueur ni lourdeur.

Quant à l’alternance des protagonistes, elle est si bien orchestrée que nous nous retrouvons aussi proches des uns que des autres.

Car parmi tous les grands atouts de ce roman, le plus important est justement celui-là : les personnages.
Et principalement Sharlah et Telly.
On aimerait être avec eux, les aider, les sauver, et par-dessus tout les comprendre.

Une intrigue forte, un rythme soutenu, des protagonistes qui nous font vibrer, bref, Juste Derrière Moi a tout ce qu’il faut à un excellent thriller !

À lire sans hésitation.

Nid de guêpes
24 février 2020

Mensonges et faux-semblants.

Rachel Abbott nous revient avec un roman à suspens de qualité.

Pour ma part, même si j’avais déjà bien aimé celui de l’année dernière, j’ai vraiment été complètement embarquée par l’histoire de Nid de Guêpes.

Anna est une jeune directrice d’école, qui aime sans condition son métier, son mari et ses deux enfants.

Tout pourrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, si au cours d’une émission radio, elle ne reconnaissait la voix de Scott, son premier grand amour.
Lorsque celui-ci annonce sur les ondes que dans une semaine précisément il racontera ce qui s’est passé il y 14 ans, la vie tranquille et rangée d’Anna vole en éclats.
Il faut donc absolument qu’elle le retrouve avant le lundi suivant, pour qu’il renonce à parler, mais il y a un problème de taille : Scott est mort il y a 14 ans. Anna en est sûre, puisque c’est elle qui l’a tué...

Comme souvent, l’auteure britannique nous raconte une histoire où les mensonges et faux-semblants sont mis en avant.

Mais ce roman, elle nous offre une double histoire, puisque l’on suit, en parallèle de la quête d’Anna, l’enquête menée par Tom Douglas et Becky Robinson, inspecteurs de police, qui tente de résoudre un meurtre assez sauvage qui vient de se produire dans un parking public, et même si l’on se doute que les deux histoires sont liées, nous suivons bel et bien deux trajectoires totalement différentes.

Ça fait d’ailleurs fait partie des grands plus de ce thriller, selon moi.

Le rythme, ensuite, est un autre gros point fort.
L’intrigue se déroulant sur une petite semaine, il est soutenu du début à la fin, et nous pousse donc à nous plonger toujours plus loin dans l’histoire.

Enfin, l’alternance des chapitres, entre le présent (avec d’un côté Anna qui tente de résoudre le mystère Scott et de limiter les dégâts que tout cela engendre dans sa vie, et de l’autre Tom et Becky qui enquêtent sur des meurtres) et le passé où nous suivons la rencontre d’Anna et de Scott, et découvrons petit à petit tout ce qui a conduit à ce qui s’est passé 14 ans plus tôt.

Difficile de s’ennuyer dans de telles conditions !

Donc si vous cherchez un bon suspens purement britannique et bien rythmé, Nid de Guêpes devrait vous plaire !

L'Institut / roman

Albin Michel

24,90
21 février 2020

Du très bon King.

Il y a deux choses dont je raffole chaque début d’année : la galette des rois, et la sortie du nouveau Stephen King.

La différence entre les deux ? Si la galette s’attaque à notre foie et/ou à notre tour de taille, Stephen King lui s’amuse plutôt à torturer notre état mental !

Alors qu’en est-il cette année avec L’Institut, son petit dernier ?

Déjà, comme souvent, son dernier né se porte bien avec ses 25cm et ses 600 pages.

Ensuite, et encore une fois comme bien souvent, ce bon gros bébé n’a aucune intention de vous accorder du temps pour vous reposer.

Quel est donc se mystérieux Institut dans lequel on retient des enfants après avoir assassiné leurs parents ?
Vu les horreurs endurées à l’Avant, que peut-il bien se passer une fois qu’on les envoie à l’Arrière ?

Et quel rapport tout cela a-t-il avec Tim Jamieson, ancien flic devenu, par un étrange concours de circonstances, veilleur de nuit à DuPray, petite ville à plusieurs centaines de kilomètres de l’Institut ?

Avec le King, rien n’arrive réellement par hasard, tout est minutieusement conçu pour entraîner ses lecteurs sur les chemins tortueux qu’il leur propose, avant de les abandonner là, avec la lourde tâche d’essayer de trouver la sortie et les réponses qui vont avec.

Oui, Stephen King est sadique envers son lectorat. On le sait, et comme on est un peu maso, on en redemande toujours plus.

Avec ce nouveau roman, l’auteur prend son temps pour installer l’intrigue. Au point que l’on en vient même à se demander à quel moment tous les chemins vont se rejoindre.

Ne vous inquiétez pas, ça viendra.
Et à partir de là plus rien ne parviendra à vous faire poser ce livre avant sa toute dernière page.

Mais pour en arriver là, il faut le mériter, et tenter patiemment de dénouer les fils ténus (mais étroitement serrés) qui balisent les nombreux chemins de traverse créés par SK.

On s’attache énormément à ces enfants si spéciaux à qui des monstres font vivre l’enfer.
On aimerait tant les sortir de là.
Autant qu’eux aimeraient y parvenir.

Y arriveront-ils ? À quel prix ?

Pour le savoir je vous invite à embarquer à bord du Southway Express. Et à bien attacher votre ceinture.
Car le voyage sera aussi mouvementé que captivant.

Le Loup des cordeliers
20 février 2020

La Révolution comme si on y était.

Mon coup de cœur de l’année 2019 dans la catégorie roman historique policier.

J’ai toujours une petite appréhension lorsque je commence un roman historique.
Outre les grands classiques et la littérature noire (classique et moderne), c’est un de mes genres favoris. Et c’est précisément pour cela que je ne compte plus le nombre de déceptions rencontrées dans ce genre spécifique ces dernières années.

Oui mais voilà, lorsque j’ai su que Henri Lœvenbruck sortait un polar historique, il était évidemment hors de question que je passe à côté.
Un très bon auteur, qui décide d’allier dans une histoire deux de mes genres préférés, qui plus est à l’époque de la Révolution Française ?
Impossible de résister.

Et pour être tout à fait franche, même si ma petite réserve était là en commençant Le Loup des Cordeliers, elle s’est bien vite envolée dès les premières pages.

En plus de nous offrir une reconstitution fidèle (et passionnante) de cette période, l’auteur nous propose un mystère tout aussi captivant et parfaitement intégrée au cadre si particulier de la capitale à cette époque-là.

Mai 1789. Gabriel arrive à Paris avec une seule idée en tête : devenir journaliste. Un métier qui lui permettra rapidement de connaître certains de ceux qui deviendront des grands noms de la Révolution, et en premier lieu Georges Danton et Camille Desmoulins.
Et notre jeune journaliste si attaché à la vérité aura fort à faire, entre l’agitation de la capitale, les tourments de la monarchie, les secrets d’état, les mensonges d’alcôve... et les mystérieux meurtres qui ont lieu depuis quelques temps dans le quartier des Cordeliers.

L’histoire que raconte ce roman est donc particulièrement fournie, pourtant, à aucun moment l’auteur ne se perd, pas plus que le lecteur.
Bien au contraire, chaque page nous plonge un peu plus dans l’ambiance singulière et si addictive de cette magnifique capitale où les plus belles idées n’ont d’égales que les plus noirs desseins.

Une excellente intrigue, des personnages aux milles facettes et une époque reconstituée à la perfection : bref, Le Loup des Cordeliers est un superbe polar historique, à ne surtout pas rater.

Un roman à découvrir et à faire découvrir !