Lundi : 14h00 - 19h00

Mardi - Samedi : 09h30 - 13h00, 14h00 - 19h00

Tout autre nom

Éditions Gallmeister

21,50
par (Libraire)
20 mars 2018

Tout autre nom

Comme le beaujolais nouveau (mais en mars et surtout, en nettement meilleur ;)), notre nouvel épisode de Walt Longmire est arrivé sur les tables et ça c’est chouette. Que dire de ce nouvel opus?

Eh bien, nous quittons momentanément le comté d’Absaroka pour celui de Campbell. Soyez rassurés, comme ils sont voisins, vous aurez votre dose de Wyoming. Alors que Walt est, de toute urgence, attendu par Cady, sa fille, à Philadelphie (qui risque de sérieusement lui botter les fesses s’il ne rapplique pas), notre shérif trouve le moyen de se laisser embarquer dans une enquête (étonnant, non?!). Oui mais voilà, quand une série de femmes disparaissent dans un périmètre plutôt restreint, il y a urgence!

Walt va-t-il s’en sortir indemne? Va-t-il prendre les bonnes décisions? Et, surtout, va-t-il enfin conclure pour de bon avec Vic?

Ce nouvel épisode vous donnera (ou non) les réponses à ces questions. Dans tous les cas, on retrouve notre shérif avec plaisir.

4 3 2 1

Actes Sud

28,00
par (Libraire)
23 janvier 2018

4 3 2 1, Paul Auster : Yeah!

Brillant! Je referme le livre du tant attendu Paul Auster et c’est le premier mot qui me vient à l’esprit. Quelques années s’étaient écoulées depuis ma lecture de Sunset Park, roman que j’avais beaucoup aimé (et qui m’avait réconcilié avec l’auteur après la grosse déception qu’avait été Invisible). J’attendais donc 4 3 2 1 avec un mélange de hâte et de crainte. Et si c’était une déception? Et si je ne rentrais pas dedans?

Bref, je me suis lancée et il est vrai qu’à un moment il ne faut pas perdre le fil, mais cela ne dure que peu de temps. Les cent premières pages se dévorent. Entre la page 100 et la page 200, le processus des quatre destins de notre héros (j’y reviendrai) se met en place et c’est là qu’il faut être un peu concentré. Après, on est embarqué et le roman vous suit dans toutes les pièces de la maison (oui, il est un peu lourd, et parfois c’est pénible, mais bon, on pardonne.), du petit dèj au coucher : apprêtez-vous à être asocial le temps de la lecture. Car si la magie opère pour vous comme pour moi, alors vous vivrez le temps de cette lecture une sorte de vie parallèle. Il y aura la vie normale, quotidienne, et la vie dans le roman, avec Ferguson, notre héros, Rose, Amy, Artie, Célia et bien d’autres personnages qui rythmeront votre journée.

L’histoire, assez classique, est donc celle de Ferguson, petit-fils d’immigré juif, né dans les années 40 à New-York, que l’on suivra durant une vingtaine d’année. On retrouve tous les ingrédients chers à Paul Auster : New-York, donc, le récit d’apprentissage, la figure de l’écrivain, la littérature, l’amitié, l’amour, la filiation, Paris…(Si habituellement vous n’êtes pas tellement fan de l’auteur, passez votre chemin, ça ne sert à rien d’y aller.). La nouveauté de celui-ci, c’est d’abord l’ampleur (1024 pages), il faut aimer se plonger dans les grands romans fleuve. Et bien-sur, sa construction, puisque l’auteur va imaginer quatre destins différents pour notre héros, selon les choix, les hasards etc. Pas d’inquiétude, on ne s’y perd pas (c’était ma crainte principale.)! Au contraire, on s’amuse et on suit avec délice les possibilités de vies de Ferguson, dans ce New-York extrêmement bien dépeint ayant pour toile de fond l’histoire de la ville et du pays (La guerre du Vietnam, les mouvements sociaux, les émeutes raciales..).

Enorme coup de cœur. 4 3 2 1, foncez ;)!

Débâcle

Actes Sud

23,00
par (Libraire)
12 janvier 2018

Débacle

Bovenmeer, petit village flamand. Eva, Pim et Laurens sont les trois seuls enfants à naître en 1988. Rapidement, ils deviennent inséparables, connus de tous comme Les trois mousquetaires, toujours fourrés les uns chez les autres (enfin surtout chez Pim dont les parents, agriculteurs, possèdent un vaste terrain où ils peuvent laisser libre cours à leur imagination.).

Aujourd’hui Eva a une trentaine d’années, une vie plutôt maussade et un souvenir qui la hante, celui d’un été de canicule. Les garçons avaient conçu un plan : faire se déshabiller les filles du village. Pour cela, Eva leur apporterait une énigme à résoudre (suffisamment compliquée). L’énigme résolue et c’était 200 euros à la clé. Par contre, à chaque question posée, un vêtement serait enlevé..

Première claque de cette rentrée : j’ai reçu Débacle comme un uppercut tant son atmosphère est particulière et prégnante. En nous en parlant, Emilie, notre représentante Actes Sud, faisait référence à Strip-tease. Vous vous rappelez cette émission documentaire, sans voix off , qui se déroulait souvent dans le nord ou en Belgique? Il y avait parfois une certaine misère sociale, de celle qui vous fait vous sentir mal à l’aise, le rouge vous montant un peu aux joues, vous sentant certes un peu voyeur mais aussi dévasté. Il y a un peu de ça dans Débâcle, cette misère et cette détresse, le tout raconté avec un écriture très réaliste (âmes sensibles s’abstenir). Et c’est un énorme coup de cœur.

TAQAWAN

Quidam Édition

20,00
par (Libraire)
11 janvier 2018

Taqawan!

« En langue mi’gmaq, on nomme « taqawan », un saumon qui revient dans sa rivière natale pour la première fois. Il passe de une à trois années en mer (…) mais avant de revenir, il lui faut éclore et survivre ». Basé sur un fait réel – la crise violente du 11 Juin 1981 qui opposa les Indiens Mi’gmaq aux trois-cent policiers de la Sûreté de Québec – Eric Plamondon nous plonge au cœur d’une révolte amérindienne, celle d’un peuple millénaire bafoué. De courts chapitres, taillés pour en faire des uppercuts, donnent à ce récit, un rythme à la fois trépidant et poignant, qui n’épargne personne. Quatre regards nous font traverser ces jours qui invoquent à la fois la résilience, la résistance, la beauté sauvage et le mépris de l’âme humaine. Plamondon y pose ainsi le contexte politico-social du Québec des années quatre-vingt, ce qu’il est advenu, ce qu’il advint. Il y convoque l’histoire des premiers temps de ce peuple nomade, ses coutumes, ses croyances et puis ce nom de « Restigouche » qui cerne alors un espace sur cette vaste et froide terre qui n’a pas encore pour nom Gaspésie. Puis nous replongeons et partons vers les courants contraires: celui d’Yves qui, au lendemain des violentes émeutes, décide de résister, celui d’Océane qui subit et brave, celui de William qui un jour sort du bois pour faire entendre sa voix -et par la même sa violence nécessaire- et celui de Caroline qui va sortir des eaux douces pour se « rendre compte ». Ces quatre vies vont se croiser durant ce violent mois de Juin et ensemble, ils remonteront cette rivière des larmes pour continuer à vivre et/ou à survivre. Taqawan m’a nourri l’âme et littéralement transportée. Si, comme le note Plamondon via la voix de Camus, « toute forme de mépris si, elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme », alors Taqawan vous montrera la beauté du mot « résistance » et de la nécessité de la lutte. Un énorme et grand coup de cœur!. Viva Janvier et belle année 2.018 à vous, que les lectures vous portent!

Fanny.

Tiens ferme ta couronne, Prix Médicis 2017

Prix Médicis 2017

Gallimard

20,00
par (Libraire)
7 décembre 2017

Tiens ferme ta couronne

Tiens ferme ta couronne, oui, la tenir fermement et avancer dans le dédale qu’est une vie. Comment écrire simplement sur ce roman ? That is the question dear ! Déjà, c’est une histoire où je me suis sentie bien : j’ai ri, compris, appris, ressenti. Le héros de Yannick Haenel est un Dude qui vit dans sa « grotte livresque ». En décalage avec l’incessante folie de notre monde, notre héros vogue sur son amour absolu des mots (il y convoque Melville, Kafka, Lowry, Joyce, Proust, Dostoïevsky…), ses pensées sont comme des strike et ses aventures (sortir au restaurant, sortir Sabbat le chien, sortir tout court) comme des spare. Oui, j’en reviens à l’étymologie du Big Lebowski mais il a cela en lui ce Jean Deichel : cette « Dude attitude », quoique plus angoissée et donc ô combien comique. Car lui aussi est dans l’Absolu avec un beau grand A et, par cet Absolu, le personnage entraîne le rire. C’est cette « rigolade » qui donne un rythme à ce récit qui est, tout à la fois : réflexion sur l’âme humaine, histoire loufoque sur l’inadaptation fondamentale des êtres humains à l’existence, panégyrique du film Apocalypse now, rencontre du septième Art en compagnie de l’énigmatique Michael Cimino (« découvreur », d’ailleurs, de Jeff Bridges, la boucle est bouclée:), essai sur la littérature dans le cinéma (et inversement), road-trip dans les rues de Paris (ville qui hoquette alors entre attentats, rencontres hautes en couleurs, mort de David Bowie et descente de Crs), vision métaphysiquo-mythologique d’un daim blanc et… histoire d’amûûûrrr qui remet droit notre personnage, cet endroit où il tait le rythme des mots pour suivre celui du corps de Lena. Tout cela dans un style vif et une composition digne d’un grand chef d’orchestre : chacune et chacun tient ferme son univers, rien ne se perd et tout se tient.Yannick Haenel bouscule les codes du récit, il nous donne à tenir notre couronne étincelante et finalement à croire, malgré tout, à notre feu intérieur. Un roman inclassable et incroyable !.

Fanny