Lundi : 14h00 - 19h00

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Yv

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Je lis, je lis, je lis, depuis longtemps. De tout, mais essentiellement des romans. Pas très original, mais peu de lectures "médiatiques". Mon vrai plaisir est de découvrir des auteurs et/ou des éditeurs peu connus et qui valent le coup.

Astérix 38, La fille de Vercingétorix

La fille de Vercingétorix

Editions Albert René

9,99
par
7 novembre 2019

Adrénaline, la fille cachée de Vercingétorix, qui détient un collier de son père qui pourrait remobiliser les Gaulois contre les Romains est activement recherchée par les troupes de César. C'est donc tout naturellement qu'elle se retrouve dans le village des irréductibles, le temps d'organiser sa protection. Il est encore plus naturel qu'elle soit surveillée par Astérix et Obélix. Mais Adrénaline est une ado...

Trente huitième album des aventures d'Astérix et Obélix que je ne suis pas régulièrement. Là, je me suis dit, pourquoi pas ? Dessin de Didier Conrad hyper fidèle à l'original, mais pourrait-il en être autrement ? On retrouve au moins une guest-star, mais je ne dirai pas qui, scrutez bien les cases.

Pour le scénario, Jean-Yves Ferri a dû observer des ados, c'est bien vu et très drôle. Adrénaline est fugueuse et ne veut pas entendre parler de guerres. Beaucoup de références à l'actualité voulues ou pas d'après les auteurs : des phrases polémiques de notre président sont remises au goût gaulois, on pourrait penser aussi à Greta Thunberg, au mouvement des jeunes contre le réchauffement climatique... Des références littéraires aussi, j'y ai reconnu Molière et en ai sans doute raté d'autres.

Sans être révolutionnaire, cet album est plaisant et dans la droite ligne des aventures des deux Gaulois. Les incontournables scènes de bagarre sont là, les querelles poissonnier/forgeron itou et bien sûr le banquet final. Tradition respectée.

Vengeances tardives
16,50
par
7 novembre 2019

Léopoldine, postière d'un village alsacien et bigote notoire et assidue, découvre un matin, dans le confessionnal, le corps de Joseph Weberlé, viticulteur et adjoint au maire, une personnalité importante de la région. Doutant des qualités d'enquêteurs des gendarmes locaux, elle décide de mener sa propre enquête et elle a des atouts pour cela : postière, elle connaît tout le monde et dans les détails ; amatrice de polar, elle se voit en Miss Marple.

J'avais besoin de légèreté, donc lorsque j'ai vu la première et la quatrième de couverture, je me suis dit que c'était le livre du moment pour ma pomme. Mais que nenni ! Certes la légèreté est là, mais l'humour moins - ou pas le mien - et ce qui se veut une comédie policière tourne pour moi assez vite à l'ennui. Pourtant Francis Schull a le sens de la formule et parfois, certaines phrases m'ont fait sourire. Trop peu, il faudrait donner du rythme à tout ça. A l'instar d'une Rita Falk, sa voisine allemande avec ses Choucroute maudite et Bretzel blues.

L'Art du féminisme, vol. 2, Les images qui ont façonné le combat pour l'égalité, 1857-2017

Les images qui ont façonné le combat pour l'égalité, 1857-2017

Hugo Image

39,95
par
23 octobre 2019

Ce très beau livre parle d'art, comme son titre l'indique. D'art du féminisme et d'art féminin c'est-à-dire fait par les femmes. Cent cinquante ans et même un peu plus puisque certaines images datent du tout début des années 1850 (une toile de Lilly Martin Spencer est datée de 1854). On y parle droit de vote obtenu après de fortes mobilisations, émancipation chèrement gagnée, reconnaissance artistique durement acquise... Ça fait beaucoup d'adverbes, mais le combat fut et est toujours rude pour l'égalité femme/homme.

C'est l'histoire de ces cent cinquante dernières années qui est revue par les tableaux, affiches, photographies, sculptures, performances faits par des femmes et/ou représentant des femmes. Certaines œuvres sont célèbres, d'autres moins, toutes racontent une partie de cette histoire. Des textes de différentes femmes accompagnent, illustrent ou expliquent les époques, les combats, les situations et les artistes. C'est un gros livre dans lequel il faut se promener soit linéairement, soit en fonction des périodes qu'on préfère.

Passionnant, plus de 350 œuvres y sont exposées, de Frida Kahlo à Nikki de Saint Phalle mais aussi Beyoncé, Yoko Ono, ... Revoir l'histoire du féminisme et du siècle et demi passé, par l'art est une idée lumineuse et le résultat est une réussite totale.

Le biscuit national
par
7 octobre 2019

Ils sont originaires de ce que l'on nomme les pays de l'ancien bloc de l'est, Slovaquie, république tchèque, pays baltes, ... et quittent leurs pays pour venir étudier ou travailler ailleurs. Petra et Natália à Paris, Anka à Londres, Mika à Helsinki, Juliana à Budapest. Arrivés sur place, ils logent avec d'autres "étrangers", se débrouillent avec de petits moyens pour vivre, tentent parfois d'apprendre la langue du pays hôte et nouent des relations plus ou moins durables.

Ce roman ou ces nouvelles, puisque ces histoires se suivent, se ressemblent et parfois se recoupent, sous des dehors parfois légers et futiles parlent de la jeunesse européenne, de ses aspirations et de ses envies. Les différents personnages rencontrent assez peu de gens de leur pays hôte, mais ont tendance à être en relation avec d'autres étrangers d'autres origines que les leurs.

Mon honnêteté me pousse à écrire que, bien que ce soient les éditions Intervalles pour lesquelles j'ai une grande estime, je n'ai pas adhéré à tout le texte. Certaines histoires m'ont laissé froid alors que d'autres m'ont plus touché, comme par exemple celles de Mika à Helsinki ou de Natália à Paris pour prendre mes deux préférées. Je ne sais à quoi c'est dû. L'écriture simple parfois directe, parfois plus elliptique, à lire entre les lignes est subtile et à tout pour me plaire et c'est grâce à ses qualités que j'ai lu ce livre en entier. Un bon point pour cet ouvrage qui, malgré mes réserves, ne m'est jamais tombé des mains traite de beaucoup de thèmes importants et intéressants : la jeunesse européenne, le "mal du pays", les conditions de vie des immigrés en Europe, l'acclimatation aux us des pays habités, la difficulté du rêve européen tant les différences culturelles, éducatives, sociales sont fortes et nombreuses.

FLESH EMPIRE
19,00
par
7 octobre 2019

Dans des temps futuristes, le monde qui se nomme Singularity est dirigé par des sénateurs. Les résidents sont dotés de mémoires et de corps artificiels qu'ils partagent pour lutter contre la surpopulation. Mais la colère gronde et lorsque des bouts de chair sont volés dans un laboratoire expérimental, les sénateurs commencent à craindre une rébellion bien plus large. Peut-être la renaissance de l'humain...

La première chose qui surprend dans cet album, c'est évidemment sa bichromie : blanc et noir. Des dessins blancs sur des pages noires. Le résultat est étonnant et bluffant. Yann Legendre mélange avec bonheur des lignes droites, des formes géométriques, symétriques avec des courbes. Le dessin des corps peut être une simple et fine ligne blanche et parfois que d'un côté, c'est l’œil qui devine l'autre.

C'est cette première impression qui restera comme un moment incroyable : je viens de lire une bande dessinée comme je n'en avais jamais lue ; je trouve certaines pages sublimes -comme celle où Alkaline rencontre le Datack, lorsque vous y serez, vous verrez de quoi je parle.

Pouf, pouf, je m'emballe... Et l'histoire me direz-vous ? Eh bien, c'est une histoire classique de science fiction dans laquelle les machines contrôlent tout, mais très intelligemment mise en scène et racontée par l'auteur. Inévitablement des questions sur l'intelligence artificielle, sur le Big Data, sur le contrôle que nous subissons chaque jour par caméras, téléphones mobiles et autres transactions bancaires viennent à l'esprit. Yann Legendre n'apporte pas de réponse, d'ailleurs y en-a-t'il ? Il questionne et chacun trouvera ses propres moyens d'y répondre.

Excellentissime bande dessinée, exaltante dont on ressort avec l'envie de la relire et de la relire encore.