Lundi : 14h00 - 19h00

Mardi - Samedi : 09h30 - 13h00, 14h00 - 19h00

Elizabeth P.

Une vieille colère
19 mai 2019

Daniel, 16 ans, souffre d’un problème cardiaque. Il n’apprécie guère son beau-père, à tendance alcoolique, mais est très proche de ses grands-parents, en particulier de Joseph Viterbo, son grand-père atteint d’un cancer avancé.
Il lui rend souvent visite à l’hôpital, et y dort parfois pour lui tenir compagnie.
Un jour, son grand-père affirme s’appeler Dellacroce et non Viterbo.
Daniel pense qu’il commence à perdre la tête, mais troublé, il commence à enquêter sur son passé et va de découverte en découverte, jusqu’à se perdre lui-même.
Les personnages sont très forts, de la mère déçue par la vie à la grand-mère, pilier de la famille, au grand-père, force de la nature, à Daniel, adolescent un peu paumé qui se raccroche contre vents et marées au passé de son grand-père.
J'ai adoré les expressions italiennes qui émaillent le récit : Me ne frego, stronzo, figlio di putana, camicie nere...
Même si l’histoire du fascisme italien est connue, on y découvre ici des détails pointus et on y entre avec les familles Dellacroce, Letto, Zattini…..
J’ai trouvé ce roman magnifique, puissant, humain.
La force des relations avec les grands-parents, les secrets de famille, les drames engendrés par les guerres, la fragilité de l’adolescence… Que de sujets traités et maitrisés !
Un livre que je n’oublierai pas, c’est sûr.

Et que nos âmes reviennent...
19 mai 2019

L’histoire débute par l’enterrement de la mère de la narratrice avec laquelle elle avait une relation fusionnelle.
Puis vient un chapitre parlant d’un homme qui, en Floride, part passer la journée à bord de son voilier.
On revient à la narratrice, psychologue, qui démarre une histoire d’amour.
Parallèlement s’intercalent des chapitres relatant l’histoire d’une jeune Polonaise, Krystiana, pendant la Seconde Guerre mondiale.

Quel rapport entre ces trois personnages ?
Après un moment de flou, tout se met en place et on commence à faire le lien.
J’avoue avoir eu quelques craintes en lisant le titre,« Et que nos âmes reviennent ».
Un roman à l’eau de rose ? Un livre de développement personnel ? Il en fleurit tant !
Mais très vite, j’ai été pris dans cette histoire captivante.
L’écriture et le style sont très agréables et nous entraînent de page en page.
Même si j’étais pleine d’empathie pour la narratrice, psychologue à la dérive, Sabrina Philippe réussit le tour de force de nous montrer la part humaine de son prédateur, un harceleur moral.

De nombreux sujets sont traités avec perspicacité. Particulièrement :
- Le harcèlement moral. La destruction d’un individu sous la coupe d’un autre.
- La réincarnation, qui pourrait expliquer certains de nos comportements.
Deux sujets tellement bien analysés qu’ils m’ont interpellée.
Le harcèlement moral, je connais, l’influence de nos vies antérieures m’a donné à penser.

Bref, c’est une roman complet, intéressant, dont on se demande s’il n’y a pas une part d’autobiographie.

Gare à Lou !
19,00
11 mai 2019

Ces derniers temps, je m’étais un peu lassée du style de Jean Teulé et n’ai d’ailleurs pas lu « Héloïse ouille », ni « Entrez dans la danse ». Je viens de lire « Gare à Lou », et alors là, super bonne surprise. J’ai beaucoup aimé, ça m’a fait penser à un de mes préférés, « L’œil de Pâques »
Ici, il ne reprend pas un personnage historique, mais nous offre un roman de pure fiction. Une fillette de treize ans, pas très bien intégrée dans son collège, se voit posséder un super pouvoir : quand elle souhaite du mal à quelqu’un, ça se produit.
Et la voilà embringuée dans une affaire d’État, au sens propre du terme.
Une histoire pleine d’imagination, dans les faits, dans les décors, dans les personnages. Pleine d’extravagance. Pleine de poésie.
J’ai adoré le « bar des sanglots » où les clients, se voient servir des « peines infinies », des « inconsolables », des « secousses nerveuses »
Et aussi le palais présidentiel en boule à neige. Et plein d’autres choses encore. C’est déjanté à souhait et j’ai pris un grand plaisir à cette lecture.

Dragons

Éditions de L'Olivier

20,30
6 mai 2019

Quel roman étrange et envoûtant. En Bretagne, sur l’île de Bréhat, une légende dit qu’un moine terrassa un dragon.
Pascale, depuis l’enfance, a des visions et souffre de narcolepsie.
Georges, lui, fait chaque nuit toujours le même cauchemar qui le laisse dans une grande tristesse.
Ils s’épaulent l’un l’autre avec tendresse.
Ils se rendent quelques jours à Bréhat où leur originalité atteint son paroxysme.
Quelque temps plus tard, Pascale décide d’y retourner pour les vacances de la Toussaint et ils invitent deux couples d’amis à venir avec eux.
Dans un climat étrange, chacun plonge dans ses propres obsessions, dans ses rêves ou ses délires.
Une très belle écriture rend avec intensité la magie de la Bretagne légendaire, sauvage et mystérieuse.
Chez les personnages, réel et imaginaire s’entremêlent.
La nature et l’humain s’influencent ou se confondent, créant une ambiance ésotérique qui m’a complètement transportée.
J’ai eu l’impression de vivre un moment loin du monde rationnel, dans une magie ensorcelante.

Vie de ma voisine
5 mai 2019

L’auteur aménage dans un nouvel immeuble et sympathise avec une voisine, Jenny, qui, au fil des jours lui raconte sa vie.
Née en 1926, ses parents étaient des juifs polonais athées, aux idées très larges.
On parcourt ainsi l’Histoire, de 1930 à nos jours.
Jenny a eu une existence très exposée, surtout dans sa jeunesse, mais jamais ne se plaint. C’est une personnalité très attachante.
Certes, tous ces évènements horribles ont déjà été dits et redits, mais en même temps ils ne le seront jamais assez.
Et ils continuent à nous glacer.
Le fait que ce soit un témoignage actuel les rend encore plus poignants.