Lundi : 14h-19h00

Mardi - Samedi : 10h - 12h30, 14h00 - 19h00

 

Lou K.

https://www.instagram.com/lou_read_lou_knoxx/

Je suis Lou (parce que c'est unisexe en plus d'être à la mode), libraire en région PACA - dans le Vaucluse si tu veux tout savoir. Après avoir séjourné un peu en Camargue mais j'ai aussi travaillé à Paris pendant toute une autre vie.

Le mieux c'est quand même de me retrouver sur Insta parce que j'y fais des photos et des fois des reels et je trouve que la communauté y est vraiment chouette !

Si jamais t'es curieux.se c'est ici que ça se passe -> lou_read_lou_knoxx
(et t'es forcément le.a bienvenu.e !!)

  • 1
  • 2
Conseillé par
7 septembre 2022

Le loir à la théière

Lewis est le loir de l’histoire et sa passion c’est les marrons (je dois avouer que j’aime beaucoup ce que représente les marrons dans la vie, symbole de porte-bonheur et, une fois placé sous l’oreiller permet d’éloigner les mauvais esprits…).

Quand Lewis en trouve plein, tout le monde en profite ; son père les recycle pour en faire des meubles, sa mère peut les cuire pour régaler la famille, et s’il en reste assez, son frère et lui peuvent jouer à saute marrons.

Mais pétard ! Un incendie sépare Lewis de sa famille. Il est désormais tout seul et l’hiver arrivant, trouve refuge dans une théière marron acajou (la vie est bien faite, je trouve).

L’histoire n’est pas sans rappeler celle de Fievel ; Lewis ne perd jamais espoir, se montre débrouillard et brave la peur de la solitude en réfléchissant à des moyens de retrouver sa famille. Il se sert des matériaux à disposition, n’hésite pas à demander de l’aide à ceux qui portent une lumière au fond d’eux. Cet album illustré par Juliette Lagrange et narré par Anahita Ettehadi nous rappelle que parfois, ce qui nous entoure permet de régler certaines situations et qu’en persévérant, même quand on est tout petit, rien n’est impossible.

Les illustrations à l’aquarelle fournies et denses, rendent compte de l’immensité que représente le monde pour un petit loir, et certaines illustrations plus épurées font penser à ces illustrations des vieux livres de bricolage ou de sciences naturelles.

Le ton est doux et poétique et donne envie de nous accompagner jusqu’à l’automne sans faire de manière !

Robert Laffont

20,90
Conseillé par
6 septembre 2022

Piranèse

Alors ça là, ça c’était vraiment magnifique…

Je m’attendais à beaucoup de choses, mais certainement pas à cette histoire.

Piranèse figure parmi ce genre de littérature dans laquelle on flotte pendant environ 200 pages, acceptant souvent avec difficulté ce qu’on est en train de lire ; il nous malmène, nous donnant peu d’indices sur l’univers dans lequel il s’y déroule.

Piranèse archive ses journées et évolue dans ce qui semble être un énorme labyrinthe aux multiples salles, habitées par des statues, des oiseaux, visitées par des marées.

Deux jours par semaine il aide l’Autre dans sa recherche du Grand Savoir afin de comprendre le Palais. Tout tient à peu près en équilibre, même lorsque Piranèse décrypte ce que les statues et les oiseaux semblent lui raconter.

Jusqu’à ce que l’Autre le prévienne de l’arrivée imminente d’une tierce personne, un ennemi.

Piranèse, c’est de la fantasy contemporaine dissimulant une intrigue quasiment policière dans laquelle l’enquête n’est autre que la recherche de soi-même, Piranèse est un combat contre la mémoire qui se perd, la dépression nerveuse et la malveillance régnante chez les manipulateurs intellectuels.

J’ai passé 300 pages dans un état cotonneux, complètement anesthésié par le génie implacable de Susanna Clarke.

Ce roman est un must-read pour qui serait intéressé.e ; allez-y franchement, c’est pour moi une très bonne initiation avant d’attaquer La Maison des feuilles si vous ne l’avez pas encore lu.

Conseillé par
6 septembre 2022

Les marins ne savent pas nager

C’est un sacré talent de conteuse que celui de Dominique Scali. Je jure, comme on jure un secret murmuré dans l’oreille un soir d’été pour sceller un pacte avec l’autre.

Dès les premières pages, j’ai eu l’impression d’être assis sur un tapis, un feu de cheminée crépitant à coté, la pluie martelant les carreaux d’une fin de soirée, et qu’on me racontait une histoire sans fin, de celles qui font naitre les nostalgies d’époques qu’on a pas connu. Les Marins ne savent pas nager met en avant Danaé Poussin, une nageuse habitant sur l’île d’Ys et qui n’a d’autre souhait que celui de vivre dans la Cité, véritable mirage pour quiconque vit derrière ses murs.

Dans cette atmosphère insulaire du 18e siècle où l’exotisme nous frappe dès qu’on s’éloigne de l’île, les galères viennent s’échouer et permettent aux habitants d’Ys de récupérer les denrées rares, des matériaux venus des quatre coins du monde, mais aussi aux marins survivants de s’installer et de grossir les rangs des riverains. Pavé de 700 pages, le roman de Dominique Scali possède cette langue propre aux histoires de flibustes et de marins, une écriture magnifique, dense, qui écorche autant que les récifs qui viennent éventrer les navires.

Une plume qui rend dépendant et qui permet d’avaler chaque chapitre - entrecoupés de notes sur l’histoire d’Ys - et qui tient compte des avancées progressistes qui naissent de celles ou ceux qui toujours nagent à contre courant !

Merveilleux et parfait roman d’aventures ! Ça fait un bien fou, et ça détonne lourd dans le paysage de cette rentrée littéraire !

Conseillé par
6 septembre 2022

Un psaume pour les recyclés sauvages

Becky Chambers revisite la première rencontre entre le robot dotée d’une IA et d’une sensibilité toute en candeur, et celle d’un être humain en quête de lui ou d'elle-même.

On pense donc beaucoup à Laputa/Le château dans le ciel, au Géant de Fer, au jeu vidéo Rime (que je vous conseille plus que fortement), et plus récemment, à certains courts métrages de Love, Death and Robots sur Netflix. Ce psaume est donc une réussite pour ma part !

Roman très court permettant de mettre un bon baume afin de panser les plaies qui font de l’humanité ce qu’elle est aujourd’hui, doté un optimisme fou sans pour autant qu’il soit naïf (et c’est ce que j’aime beaucoup chez cette autrice).

Dex rencontre donc Omphale au moment où plus rien ne le ou la satisfait alors que le robot a lui-même soif de découvrir l’Homme bien après que les deux civilisations se soient éloignées l’une de l’autre, au point d’en devenir des légendes d’un autre temps.

Leurs échanges philosophiques, écologiques, tout à la fois drôles et très sérieux sont de parfaits petits bonbons à savourer autant de temps qu’il le faudra sur la langue, juste le temps de s’en imprégner pour qu’en subsiste ce qu’il faudrait pour rendre la vie un peu plus douce.

La SF au service du feel good ou véritable philosophie positiviste ? Dans tous les cas la plume de Becky Chambers fait sourire, apporte quelques pierres à des édifices pas encore construits et ainsi, elle reste fidèle au succès de ce qu’avait été L’Espace d’un an.

Ce conte accessible pour qui veut bien s’en donner les moyens est une vraie douceur, intelligente et pertinente. Et un bon coup de pied dans la mare des contes philosophiques culpabilisants et moralisateurs avec lesquels on a tenté de nous bercer !

Conseillé par
6 septembre 2022

Détruire, dit-elle

Si t’as envie de lire un Duras dans lequel tu comprends rien de rien, mais que t’en es tout autant fasciné, je crois que tu peux lire, sans exagérer, cet ouvrage.

Peu importe que tu sois le ou la plus concentré.e possible, Duras s’en moque que tu piges quoique ce soit, elle ne file aucun code pour qu’on la comprenne, débrouille toi c’est comme ça…mais avec la plus grande classe du monde !

J’ai été balloté de bout en bout, j’ai relu dix fois certaines pages, me parlant à moi-même en disant «il se passe quoi ? », ça file des vertiges, des petits mais des vertiges quand même.

Et aussi ça frustre, encore plus que les deux livres que j’ai lu précédemment d’elle.

Mais au lieu d’atteindre un seuil de colère ou de simplement refermé le livre par pur abandon, on est littéralement scotché à l’écriture de l’autrice.

J'ai aimé y déceler des petits morceaux de Moderato Cantabile ou des Petits chevaux de Tarquinia et si tu essayes de le lire comme du théâtre ça passe presque, mais tu deviens fou ou folle quand même.

Ne rien comprendre, mais adorer quand même. C’est sacrément génial tu trouves pas ? Je veux dire, qui est capable d'écrire un ouvrage pareil, sans que ça rende ronchon comme aujourd’hui ?

C’est même pas une question de pardon, c’est de la fascination. De. la. pure. fascination.

J’en veux encore !!

  • 1
  • 2