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L'ENFANT CACHEE L'ENFANT CACHEE

L'enfant cachee l'enfant cachee

Dauvillier/Lizano

Le Lombard

  • 11 juillet 2012

    Chronique

    Comme les grands, l’enfant doit savoir… L’étoile jaune, les insultes et les humiliations, les délations par les « collabos », les coups de matraque et les cris sans fin. Les râles et les rafles. Les camps de la mort. Il faut lui transmettre aussi cette page, la plus sombre de notre histoire. Qu’on le veuille ou non, il s’agit là d’un devoir de mémoire.

    L’enjeu est de taille : sensibiliser les jeunes d’aujourd’hui, c’est obtenir des garanties pour demain, du moins faut-il l’espérer.

    A ce titre, L’Enfant cachée est une lecture à conseiller. Elle nous paraît même nécessaire !

    L’ouvrage, scénarisé par Loïc Dauvillier, dessiné par Marc Lizano et colorisé par Greg Salsedo, peut être qualifié de pédagogique et délicat. A travers le récit de sa grand-mère, qu’elle a surprise pleurant sur de vieilles photos, la petite Elsa découvre la vie sous l’Occupation et le triste sort réservé à la communauté juive. Elle apprend le sacrifice de ses arrière-grands-parents et le courage de ceux qu’on appellera plus tard les « Justes ». Elle constate en somme que l’âme humaine n’est pas toujours noire, qu’au plus profond de la nuit des cœurs battent encore, en brûlant d’espoir. Si sa mamie a survécu au milieu du chaos, elle le doit certes à la chance, mais aussi et surtout à l’amour de ses parents, au courage de ses voisins, aux risques pris par une vieille fermière…

    Les grosses bouilles rondes de Marc Lizano , ces visages très expressifs dont il a le secret, sont particulièrement touchants. Ils collent à un récit qui se veut accessible à tous. Rien n’est éludé, même pas le pire, qu’on suggère habilement.

    De notre point de vue, les auteurs ont remporté leur pari, pourtant très risqué : traiter de la Shoah sans verser dans le voyeurisme ou l’obscénité, permettre la transmission aux plus jeunes tout en les préservant.

    Précisons encore qu’une exposition sera présentée prochainement, à l’occasion du festival d’Angoulême (Espace Franquin). Elle fait le lien entre les événements historiques et L’Enfant cachée, qui demeure une fiction. Quand un sujet vous tient à cœur et qu’on a des convictions…

    Bert’

    Lire la chronique illustrée : http://www.brestenbulle.fr/?p=2700