Lundi 14h - 19h

Mardi - Samedi : 10h - 12h30, 14h - 19h

 

 

 

 

Bonne nuit Maman, Thriller

Mi-Ae Seo

Le Livre de poche

  • Conseillé par (Libraire)
    17 avril 2023

    On se méfie, parfois à raison, des bandeaux qui ornent les couvertures : "La nouvelle reine du crime", "Le nouveau roi du polar", "Nuit blanche garantie", "Le mix parfait entre … et …". Là, Augustin Trapenard dit que c’est "entre Le Silence des agneaux et Mindhunter" et il a raison le bougre : il ne survend pas, il n’en rajoute pas, il donne juste envie à tout amateur/trice de lectures noires de foncer sur "Bonne nuit maman".

    Quelques heures de lecture plus tard, les 300 pages avalées au rythme d’une alternance ristretto/apnée, l’amateur/trice n’aura qu’une envie, celle de plonger sur la suite "Chut, c’est un secret". Mais ça, on en reparlera plus tard, concentrons-nous sur Bonne nuit maman et sur ce qui en fait une lecture indispensable.

    Sa capacité à nous surprendre alors qu’on pense tenir les tenants et aboutissants dès les premières pages, son ton et son ambiance dépaysantes qui nous changent des codes des polars anglo-saxons, français et/ou venus du Nord (aucun intrus à barrer), sa façon de mettre en place une double narration carburant au Mal et qui nous en dit autant sur la psychologie humaine que sur la société coréenne, son questionnement pertinent sur l'enfance et ses traumas, sa mécanique implacable à laquelle on succombe avec gourmandise...

    La gourmandise est un péché ? Soyons faibles, tant pis.

    Sébastien.


  • Conseillé par
    26 avril 2021

    Pour avoir fait un stage au FBI (quinze jours sans grand intérêt lors de son cursus universitaire), la jeune criminologue Seon-geyong Lee est surnommée Clarice Starling par ses étudiants. Sobriquet prémonitoire puisque, à l’instar de Jodie Foster dans Le silence des agneaux, elle est sollicitée par le célèbre tueur en série Byeong-do Lee qui attend la mort dans une prison séoulite. Pourquoi elle, encore si peu connue dans sa profession ? Et pour lui dire quoi ? Veut-il raconter les circonstances qui l’ont poussé à tuer des dizaines de femmes ? Lui donnera-t-il des indices sur les lieux de ses charniers ? Effrayée mais guidée par sa conscience professionnelle, Seon-geyong rencontre ‘’le diable au visage d’ange’’ et rentre chez elle, secouée par cette brève confrontation, pour découvrir que son mari a recueilli chez eux sa fille Ha-young. Née d’un premier mariage, la fillette âgée d’une dizaine d’années vient de réchapper à un incendie qui a tué les grands-parents qui l’élevaient depuis le décès de sa mère un an plus tôt. Seon-geyong va devoir développer des trésors de patience pour apprivoiser cette enfant perturbée et hostile.

    C’est étrange comme les lectures se suivent, totalement différentes, et pourtant reliées par le thème central de la maternité. Après Nili et sa mère oscillant entre indifférence et froideur dans La mer noire dans les grands lacs et la mère trop tourmentée pour aimer de Betty, Mi-ae Seo nous raconte l’enfance perturbée de Byeong-do abreuvé d’insultes et de coups par une mère plus que défaillante qui a fait d’un petit garçon apeuré et assoiffé d’amour un des plus célèbres serial-killer de Corée.
    Différents lieux, différentes époques et ce fil conducteur des conséquences du désamour maternel…
    Confrontée à ce tueur sans pitié qui lui confie des bribes de son passé, la criminologue doit aussi gérer les difficultés de l’arrivée d’une enfant dans son couple jusqu’ici équilibré. Son mari lui avait caché la mort de son ex-femme ainsi que les détails de leur séparation mal vécue par la mère de sa fille. Et le voilà qui amène cette enfant triste et mutique dans l’appartement conjugal pour finir par la laisser à la garde exclusive de Seon-geyong, lui étant trop pris par son travail. Seule et inexpérimentée, la jeune femme fait ce qu’elle peut face à une fillette difficile et inquiétante. Au rythme de ses visites à la prison et de ses tentatives de rapprochement avec Ha-young, des regards, des comportements chez l’enfant lui rappellent Byeong-do, au point qu’elle finit par en avoir peur…
    Un thriller psychologique glaçant, perturbant, effrayant. Qui décortique les motivations d’un tueur de sang froid mais oppose aussi la société coréenne à ses lacunes. Une société où il ne faut pas faire de vagues et garder pour soi ses sentiments et où l’on se sent bien seul. Seul avec ses fêlures, ses deuils, ses colères, ses chagrins, ses angoisses…