Lundi : 14h00 - 19h00

Mardi - Samedi : 09h30 - 13h00, 14h00 - 19h00

Walker

Walker

Robin Robertson

Éditions de L'Olivier

  • par (Libraire)
    17 septembre 2020

    Comme un long poème épique

    Un promeneur solitaire dont les rêveries sont des cauchemars... New York, Los Angeles, San Francisco, odyssée urbaine tout en images, puissantes, évocatrices, celles d'une âme à fleur de peau et des rencontres, des dialogues, entre Carver et Crumley, des personnages, des scènes tout droit sorties d'un film de Siodmak... portrait noir et blanc de l'Amérique des années 1950, comme un long poème épique. Splendide !


  • 8 septembre 2020

    La route

    1946, Walker revient vivant de la guerre mais ne rentre pas chez lui. Il marche, sillonne l'Amérique et raconte comment il a perdu sa vie d'avant.... Performance d'écriture alternant plusieurs rythmes : poésie, journal intime (ou l'horreur de la guerre), descriptions (images de l'Amérique)...
    Le lecteur doit prendre "ces rythmes" pour apprécier cet ouvrage littéraire.


  • par (Libraire)
    4 septembre 2020

    D’abord, je tire le chapeau, que je ne porte pourtant jamais, à Josée Kamoun, la traductrice. Traduire ce livre a dû être, aussi, une épopée littéraire. Parce que je te l’écris, dans un premier temps la forme poétique m’a alerté, « ça passe ou cela se fracasse ». Et puis là… l’émerveillement, cette tonalité qui t’entraîne, admirablement orchestrée, la beauté des mots qui s’enchaînent.Voici le road-trip d’un soldat canadien revenu de l’enfer des plages normandes, pour retrousser ses manches, quelque part depuis New-York, finalement au sein d’un journal entre Los Angeles et San Francisco. Les rencontres, déterminantes.

    Il y a le récit épique entrecoupé par ces phrases sorties d’un carnet de route tenu par Walker, et ses souvenirs de guerre remontant en surface, au fur et à mesure que notre personnage taille sa route. Une expérience littéraire hypnotique et passionnante, comme un sacré scénario tenue de main de maître par un… chef d’orchestre.

    Ce n’est pas complexe, tu te laisses juste entraîner sur des rails, tu deviens le « clochard céleste » de Robertson, tu imagines, tu swingues, tu frissonnes, tu t’ébahi(e)s, tu regardes, tu soulignes des mots, tu écoutes leur résonance, tu t’enfonces de plus en plus dans le roman, jusqu’à la -toute- dernière -page. De 1946 à 1953, tu virevoltes entre versets et prose, tu franchis des frontières, tu t’affranchis des modèles littéraires, c’est le rythme d’un homme que les combats ont broyés, c’est le rythme d’un homme qui, au milieu des vapeurs d’alcool, fait ressurgir la vie au milieu de son désastre intérieur.

    Walker est ce survivant du D-day, celui qui cherche, peut-être, une éclosion nouvelle, un héros attendu nulle part. « Les gens parlent de cette ville comme de l’endroit où faire son chemin, des rencontres, s’amuser. Mais parfois on se croirait dans un labyrinthe, où l’on joue à survivre et se perdre, de toute éternité. »

    Un héros dépossédé, cela ne te rappelle rien ? « Walker » pourrait se rattacher à l’œuvre d’Homère , Robertson aime à s’y rattacher, à flanquer son personnage épique dans le bourbier du débarquement. Je n’avais encore jamais lu ce « moment » avec une telle intensité, comme une déflagration. Cette forme littéraire qui entremêle beauté et laideur du monde, c’est si… comment dire… « véritable »?

    Walker m’a tatoué l’âme tu sais; il y rencontre des gens et, par le regard des autres, on sait leur religion, la couleur de leur peau, leur taux d’alcoolémie, leur bêtise, leur bonté, leur hypocrisie, mais Walker rencontre avant tout l’humanité, celle qui fait avec le Rien de notre existence, qui juge, trahit, aime, haie, perd, joue, fraternise, tape. Je n’ai pas envie de t’écrire que « Walker » te parle du côté sombre et destructeur de l’Homme parce que ce livre est largement plus que cela, il y a la flamboyance, la liberté absolue, l’aspiration vers l’ailleurs, la respiration d’une âme en clair-obscur.
    Fanny


  • 29 août 2020

    Roman de l'errance poétique en noir et blanc

    Walker est notre guide dans cette Amérique d'après Seconde Guerre mondiale.
    De New York à Los Angeles, en passant par San Francisco, Walker marche (!) et découvre un pays qui a gagné la guerre, et qui vit en vaincu.
    L’errance devient alors épique, et la ville poétique...
    Si vous souhaitez sortir du roman "ordinaire", embarquez sans attendre avec Walker, un roman au style incomparable !


  • 25 août 2020

    Vétéran de la seconde guerre mondiale, Walker essaie de trouver sa place dans son nouveau pays d'adoption, les États-Unis.
    Un long poème magistralement traduit et le portrait mélancolique et poignant d'une existence en quête de sens. Une œuvre singulière et un vrai pari éditorial à saluer !


  • par (Libraire)
    13 août 2020

    En noir et Blanc

    Quel livre surprenant. En forme de long poème narratif, entrecoupé de souvenirs de guerre et de photos en noir et blanc magnifiques, on se promène dans les rues des grandes villes américaines après la 2nde GM. Une errance en adéquation avec le chaos intime du personnages, et des laisser-pour-compte qui hantent les trottoirs, les bars, les immeubles insalubres, déjà, encore, toujours. L'Amérique populaire et les lumières du cinéma, les stars, les tournages aux coins des rues. Un livre hommage à tout un pan du cinéma où la lumière des réverbères est la seule qui éclaire des âmes solitaires, en imperméable. Un voyage dans le temps, sur le continent américain, et un pont avec le vieux continent, scène d'un autre théâtre, beaucoup moins glamour, beaucoup plus violent, la noirceur, la vraie, celle mêlée au sang, celle qui marque à tout jamais, brise, détruit, et renvoie à la réalité, comme un déchet battu par les flots, vomi sur une plage, lessivé. Magnifique.


  • par (Libraire)
    4 août 2020

    Il marche, en vers libres, à travers l'Amérique des années 40.
    Les romans en vers commencent à arriver sur nos tables, à la suite des frères Lehmann, et Walker en est un exemple splendide. On est très rapidement happé, on oublie les vers qui ne nous bloquent pas mais rythment la lecture, un vers après l'autre, un pas après l'autre.
    Il ne comprend pas ce qui l'entoure, et nous le comprenons trop bien.
    Un très beau texte.