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Un monstre et un chaos

Un monstre et un chaos

Hubert Haddad

Zulma

  • 25 octobre 2019

    Un monstre et un chaos


    39-45. Ghetto de Lodz, Alter, jeune garçon, se débat pour survivre avec les moyens du bord. Arrivé dans le ghetto après avoir vu sa famille (dont son frère jumeau ). Son parcours sera jalonné de multiples personnages haut en couleurs : le Professeur Glusk qui l'aidera dans sa fuite après le massacre des siens. Chaïme Rumkowski, personnage ayant réellement existé et qui proposa lui-même son aide aux allemands, afin de sauver sa peau et soi- disant celles des malheureux du ghetto. Maître Azoî, marionnettiste de talent qui apprendra à Alter toutes les ficelles du métier. Hubbert Haddad dans une écriture dense et onirique nous transporte dans le chaos le l'Histoire.


  • par (Libraire)
    13 septembre 2019

    Comment un jeune orphelin peut-il survivre dans le ghetto de Lodz ?
    Un roman historique remarquable, sublimé par l'écriture romanesque d'Hubert Haddad !
    Céline


  • 5 septembre 2019

    Ghetto

    Je n’avais encore rien lu de cet auteur, alors quand ma libraire m’a proposée de lire son dernier roman, j’ai accepté.

    J’ai été dérouté par le style dès les premières pages : beaucoup de descriptions botaniques érudites.

    Puis j’ai été mal à l’aise : le roman se déroule dans le ghetto de Lodz où règne Chaïm Rumkowski, représentant du ghetto.

    Pour sauver son peuple, il a transformé le ghetto en vaste atelier industriel au service du Reich.

    Mais le personnage principal du roman est Alter, dont le frère jumeau Ariel et la mère sont morts.

    Alter se cache, ne porte pas l’étoile jaune. Il a été recueilli un temps par un orphelinat catholique qui l’a rebaptisé Jan-Matheusza.

    Il trouve refuge dans un théâtre de marionnettes et fabrique à son tour ses marionnettes qui font rire les rares survivants du ghetto.

    C’est une lecture qui m’a mis mal à l’aise car l’auteur semble hésiter entre deux personnages principaux : Chaïm et Alter.

    Et puis Alter est insaisissable.

    Sans oublier le décor : un ghetto qui se vide, des soldats allemands qui tirent sans somations.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de la blondeur d’Alter / Jan-Matheusza.

    https://alexmotamots.fr/un-monstre-et-un-chaos-hubert-haddad/


  • par
    4 septembre 2019

    Ce roman aurait pu être un énième roman d'un garçon pendant la guerre. Mais il y a la patte Hubert Haddad qui change tout. D'une part il place son héros fictif dans un contexte réel -Chaïm Rumkowski et comparses ont réellement existé- et apporte donc des éléments d'une terrible réalité inconnue ou oubliée. Pour ma part, j'avoue que je connaissais un peu le ghetto de Varsovie, mais pas celui de Lodz, et comme savent ceux qui me lisent régulièrement, j'aime beaucoup les romans qui sont ancrés dans un contexte réel, ils m'apportent beaucoup sur la connaissance de faits historiques et me sont souvent plus faciles à lire que des essais. D'autre part, Hubert Haddad use d'une langue particulièrement gracieuse et élégante. Les tournures de phrases dans lesquelles peuvent cohabiter la plus belle nature et la vision la plus terrible montrent combien cette guerre fût cruelle, terrible : "Á moins de cent mètres, deux camions militaires s'étaient rangés le long d'un mur de cimetière, sur le bas-côté d'une route perdue au milieu des chaumes du plus bel ocre visités par des nuées de freux et de sansonnets. Des soldats bottés et casqués, fusil en bandoulière, descendirent du second véhicule et firent descendre à coup de crosse des jeunes gens du premier, garçons et filles, les mains ligotées dans le dos." (p. 64)

    Je pourrais prendre n'importe quelle page de ce somptueux roman pour citer une phrase qui touche, émeut, par son contenu et/ou sa construction. L'écriture nécessite parfois de prendre son temps pour ne pas se perdre, on peut se laisser bercer par le plaisir des mots sans chercher à en saisir le sens et il faut donc y revenir parce que l'histoire du ghetto et d'Alter est importante et passionnante.

    Fidèle à son oeuvre déjà remarquable, Hubert Haddad écrit là un roman fort et touchant, instructif, avec des personnages -je ne parle évidemment pas des bourreaux- d'une grande humanité. Sans doute, je l'espère, l'un des romans marquants et remarqués de cette rentrée.


  • 2 septembre 2019

    L'Europe est à feu et à sang, un peuple anéanti. Mais une lueur vacille encore , celle d'une culture encore debout, celle d'une spiritualité bien vivante : le monde yiddish. Et plus que les atrocités environnantes, c'est bien cette société et son ultime chant de résistance qui fascine Haddad. Saisissant et passionnant !


  • par (Libraire)
    21 août 2019

    Le ghetto de Lodz, transformé en ateliers industriels par le "Roi des juifs" au profit du 3ème Reich. Et dans ce ghetto, Alter, un jeune garçon, qui en parcourt tous les recoins dans sa lutte pour vivre.
    Un roman magistral, d'une très belle écriture, qui vous laissera sans voix.


  • par (Libraire)
    2 juin 2019

    Un chant d'alertes

    Le titre laisse présager la noirceur et la possible douleur, probablement l'indicible. On imagine difficilement l'horreur, on voudrait chaque fois s'en éloigner et la justesse des mots rappelle l'éternel recommencement de la fureur humaine. Le lecteur est atteint, happé de plein fouet par la prose poétique inoubliable, d'une force inouïe qui véhicule les images dans l'œil comme une succession de tableaux soudainement immortalisés. Hubert Haddad possède une puissance évocatrice hors-norme aussi fascinante que déchirante. Tel un marionnettiste et à l'instar de son personnage, il donne à voir et à entendre un conte littéraire de douleurs, de détresse, un chant d'alertes et de vérités annoncées pour qu'aujourd'hui la vague déferlante mortifère saturée de haine et de violences retombe et ne s'amplifie pas, pour qu'elle cesse. Ariel et Alter sont les enfants jumeaux attrapés par l'ogre furieux et cruel, fou et gavé de sang, insatiable. Les rêves ne sont plus que cauchemars et l'existence réside dans la survie. Le ghetto de Lodz instauré est devenu le terrain de poursuites arbitraires, de l'enfermement et des humiliations, de morts aléatoires et pourtant certaines. Survivent une forme de poésie réinventée et des spectacles clandestins qui offrent soudainement une palette de couleurs lumineuses au cœur de la folie meurtrière. Le gris et les ténèbres s'estompent au profit des ors et des rouges, les sourires et les rires apparaissent tandis que la désespérance et les peurs reculent quelques instants. Ce roman est d'une beauté pénétrante et poignante.